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Comment vaincre la procrastination

Comment vaincre la procrastination

Vaincre la procrastination : méthodes et ce qu’elles ne disent pas

La procrastination est l’un des sujets les mieux documentés en psychologie de la motivation. Elle est aussi l’un des plus mal compris au quotidien ce qui oriente vers des solutions qui ne fonctionnent pas.

La procrastination n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme précis, avec une logique interne cohérente, et des stratégies pour le déjouer à condition de savoir ce qu’on cherche à déjouer. Cet article présente les mécanismes en jeu et les méthodes qui ont fait la preuve de leur utilité, ainsi que leurs limites.

Ce qu’est réellement la procrastination

La procrastination est le report délibéré d’une tâche, malgré la conscience des conséquences négatives attendues. Cette définition, qui s’appuie notamment sur les travaux de Pychyl et Sirois, déplace le problème : ce n’est pas d’abord un problème d’organisation ou de gestion du temps. C’est un problème de régulation émotionnelle.

Le mécanisme est le suivant : la perspective d’une tâche génère un inconfort (ennui, anxiété, doute sur sa capacité à réussir, sentiment d’aversion). L’évitement soulage immédiatement cet inconfort. C’est ce soulagement à court terme qui renforce le comportement d’évitement indépendamment des conséquences à venir.

Il est utile de distinguer procrastination et distraction. La distraction est une réponse à un stimulus externe (une notification, un bruit). La procrastination est une réponse à un signal interne : l’inconfort anticipé face à une tâche précise. On peut être parfaitement concentré… sur n’importe quoi sauf ce qu’on était censé faire.

Ce qui aide à identifier la procrastination : elle est sélective. Elle ne touche pas toutes les tâches indistinctement, mais toujours les mêmes catégories, toujours le même type de déclencheur. Un lycéen procrastinera systématiquement en mathématiques mais pas en histoire. Un adulte repoussera le coup de téléphone difficile mais répondra immédiatement à ses mails.

Ce que la procrastination n’est pas : la distinction avec le TDAH

Avant de parler de méthodes, une distinction qui a des conséquences pratiques. Le TDAH partage certaines manifestations externes avec la procrastination (tâches non commencées, difficulté à maintenir l’effort, retards répétés) mais le mécanisme est différent.

Dans la procrastination ordinaire, l’évitement est motivé par l’inconfort émotionnel anticipé face à une tâche spécifique. Dans le TDAH, la difficulté à initier une tâche ou à soutenir l’effort dans le temps est liée à une régulation de l’activation différente, qui affecte les fonctions exécutives de façon transversale, pas seulement sur certaines tâches.

Cette distinction n’est pas anodine : les stratégies d’organisation décrites plus bas peuvent aider une personne TDAH à mieux structurer son travail, mais elles ne traitent pas le fond du problème. Si les patterns d’évitement résistent à toutes les tentatives d’ajustement, une évaluation spécialisée peut permettre de comprendre ce qui se joue réellement.

Les méthodes

Identifier les tâches à risque

La première étape n’est pas de se mettre au travail. C’est de repérer, à froid, quelles tâches déclenchent systématiquement l’évitement. Cette reconnaissance préalable est utile précisément parce qu’elle permet de préparer une réponse avant d’être dans la situation et non de tenter de réagir dans l’urgence, quand la résistance est déjà installée.

Commencer par la tâche difficile

Le principe « eat the frog », popularisé notamment par Brian Tracy, consiste à traiter en début de journée, quand les ressources cognitives sont disponibles, la tâche qui génère le plus de résistance. Il s’appuie sur un mécanisme bien documenté : l’inconfort ressenti avant de commencer une tâche disparaît presque toujours une fois dans l’action. La résistance est anticipatoire, pas inhérente à la tâche elle-même.

Découper la tâche

Plus une tâche est floue ou perçue comme massive, plus elle génère d’inconfort anticipatoire. La décomposer en étapes courtes et concrètes réduit mécaniquement cette perception. L’objectif n’est pas « rédiger le dossier » mais « écrire trois phrases d’introduction ». L’action initiale est suffisamment petite pour que la résistance s’effondre.

La méthode Pomodoro

Francesco Cirillo, à la fin des années 1980, a formalisé une technique aujourd’hui largement utilisée : 25 minutes de travail concentré, 5 minutes de pause, en cycles répétés. Son intérêt principal n’est pas l’organisation du temps mais la réduction de la résistance à l’entrée. Il est plus facile de commencer une tâche si on sait qu’elle est bornée dans le temps. « Je fais 25 minutes » est une promesse tenable, là où « je travaille jusqu’à ce que ce soit fini » ne l’est souvent pas.

Gérer les interruptions internes

Pendant le travail, des pensées parasites surgissent : appels à passer, choses oubliées, associations spontanées. Les noter immédiatement sur un support dédié (carnet, application, post-it) permet de les sortir de l’espace de travail mental sans les traiter sur le moment. Cette pratique est particulièrement utile pour les profils dont le cerveau continue à générer des connexions et des associations pendant l’effort concentré.

Installer des routines de fermeture

Terminer sa journée de travail en listant les tâches du lendemain et en les planifiant réduit la charge mentale en début de journée suivante. Commencer une session de travail avec un plan explicite, même sommaire, abaisse la résistance à l’entrée en supprimant la question « par où je commence ? ».

Ce que ces méthodes ne remplacent pas

Ces outils sont utiles. Mais ils s’adressent à la surface du problème, et leurs effets restent limités quand la procrastination est chronique, résistante aux stratégies, ou associée à un sentiment d’incapacité qui dépasse la tâche en question.

Chez les adolescents en particulier, une procrastination persistante est rarement un simple problème d’organisation. Elle peut signaler un profil de fonctionnement spécifique, une anxiété de performance, une perte de sens, ou un décalage entre les exigences scolaires et les besoins réels de l’ado. Si vous cherchez à comprendre ce qui se passe chez votre adolescent, deux articles approfondissent ces mécanismes : Pourquoi mon ado procrastine  et Comment aider un ado qui procrastine.

Quand consulter

Si les difficultés de votre adolescent autour de la mise au travail s’installent dans la durée et résistent aux ajustements habituels, comprendre leur origine avec un professionnel peut changer l’approche. Le bilan d’orientation permet d’identifier le profil de fonctionnement, de comprendre ce qui bloque réellement, et de construire des stratégies adaptées à ce profil spécifique.

Apprendre

Apprendre

Si on délègue au cloud la mémorisation des données, l’étape suivante sera de lui déléguer la pensée et ça a déjà commencé.

Nous vivons dans une société qui ne valorise pas la mémoire humaine. Apprendre par cœur est maintenant souvent perçu comme étant l’exemple absolu de l’apprentissage bêtement scolaire, image parfois même transmise par les enseignants eux-mêmes.

C’est à peine s’ils s’autorisent à demander aux enfants d’apprendre par cœur une ou deux poésies. Et encore, à l’école primaire uniquement.

Le savoir est au même titre que l’attention un des enjeux essentiels de notre époque.

On vit dans l’illusion que seule compte la compréhension et qu’apprendre par cœur serait contradictoire avec ce besoin de comprendre. Toutes les données sont maintenant dans le nuage et grâce au téléphone que nous avons dans la poche, nul besoin de mémoriser les choses.
Déléguer à des appareils le stockage des informations c’est pourtant aussi faire l’impasse sur les mécanismes qui permettent de traiter ces données.
Pourquoi cette illusion de savoir ? Ce n’est pas parce qu’on peut trouver une information que l’on est capable d’en faire usage.
Beaucoup de théories du complot reposent sur une interprétation erronée de données exactes. Lorsque les élèves jugent qu’il n’est pas utile de mémoriser des données au prétexte qu’elles sont disponibles en ligne, ils ne se rendent pas compte qu’en ne les apprenant pas (par cœur), ils n’apprennent pas à les traiter, les analyser. Pouvoir trouver sur le web les dates d’accession au pouvoir de Mussolini, Staline et Hitler ne permet pas de comprendre l’arrivée de la Seconde guerre mondiale. Il n’est pas non plus possible de réfléchir aux causes du second conflit mondial sans avoir en tête les dates clés.
Grossière erreur de penser qu’il n’est plus nécessaire de mémoriser, comme s’il était possible de dissocier l’information de son traitement.

Si je télécharge du nuage une série de vidéos de Rafael Nadal en train de servir au tennis, je dispose de toutes les informations requises pour bien servir également. Je peux même trouver sur internet, les données statistiques concernant l’angle d’inclinaison de sa raquette, la force à développer et la vitesse initiale de la balle.
Pourtant, il ne viendrait à l’idée de personne de croire que c’est suffisant pour devenir champion de tennis. Tant que je n’aurai pas saisi la raquette moi-même et répété 10 000 fois le geste de servir, je ne pourrai pas prétendre me mettre en face de Nadal.

Alors qu’il est clair pour tout le monde que les apprentissages sportifs passent nécessairement par la répétition et par l’apprentissage (par cœur) d’enchainement de gestes, pourquoi n’en serait-il pas de même pour les apprentissages supposés intellectuels ? En réalité, notre cerveau traite de la même manière les apprentissages, quels qu’ils soient. Il s’agit toujours de créer des chemins neuronaux. Or créer ces chemins ne passe que par la répétition.
De la même façon qu’il est impossible d’apprendre à servir au tennis en regardant une vidéo de Nadal, il est impossible de s’approprier une notion de mathématiques, de physique ou d’histoire géographie sans passer par la répétition d’exercices qui nécessitent simultanément la maîtrise de gestes intellectuels et la manipulation de données en mémoire. Il ne faut pas confondre la mémorisation d’informations qui peuvent aisément être trouvées sur internet et la mémorisation des gestes intellectuels qui en permettent la maîtrise.

L’école attend des élèves qu’ils acquièrent des quantités de notions nouvelles, des milliers de mots de vocabulaire, tout en leur répétant que l’apprentissage par cœur est stupide. L’apprentissage par cœur n’est pas stupide en lui-même, en revanche il est stupide d’apprendre une leçon sans avoir cherché à la comprendre.

Il est fondamental que les élèves s’entraînent à apprendre le plus tôt possible, mais également le plus régulièrement possible. C’est un apprentissage, qui comme tous les autres devient de plus en plus facile au fil de la pratique.
On ne peut apprendre de nouvelles choses que grâce à ce que l’on sait déjà, donc plus on sait de choses, plus on est capable d’en apprendre de nouvelles.
Laisser à la technologie le soin de mémoriser à notre place nous condamne à court terme à ne plus savoir penser. 

Voir également cet article : https://eklosia.com/reviser-pour-un-examen-ou-un-concours/

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Comment organiser ses révisions

Comment organiser ses révisions

Comment organiser ses révisions efficacement pour un examen ou un concours

Examens à venir, concours à préparer, reprise d’études après plusieurs années… Peu importe l’âge ou le niveau, organiser ses révisions est une étape incontournable pour réussir. Pourtant, cette phase est souvent négligée au profit d’un bachotage improvisé, source de fatigue et de stress.

Or, bien réviser, c’est avant tout apprendre à structurer son travail. Dans cet article, nous vous guidons pas à pas pour comprendre comment organiser ses révisions de manière réellement efficace, que vous soyez lycéen, étudiant ou adulte en reconversion.

Identifier précisément ce qui sera évalué

La première question à se poser est simple, mais trop souvent oubliée : sur quoi vais-je être interrogée ?

Pour un examen scolaire, le programme a généralement été communiqué par l’enseignant. Encore faut-il vérifier s’il correspond bien à ce qui sera noté. Pour un concours, il est impératif de consulter le référentiel, la notice officielle ou les rapports de jury.

Réviser sans connaître les attendus, c’est comme préparer un voyage sans destination.

Faire le point sur ses acquis

Une fois le programme connu, il est utile de s’inspirer de Montaigne : « Que sais-je ? »

Nous avons souvent une vision biaisée de nos connaissances. Certaines notions nous semblent familières alors qu’elles sont floues ; d’autres, que nous pensions oubliées, sont en réalité bien ancrées.

Un bon réflexe consiste à refaire un exercice ou à se faire interroger à l’oral. Cela permet de distinguer ce que l’on maîtrise de ce qui reste à consolider.

Maîtriser les techniques propres à chaque épreuve

Réviser une dissertation, un commentaire de texte ou une étude de cas ne demande pas les mêmes compétences. Il est donc essentiel de travailler la méthode avant le contenu.

Il s’agit de reprendre les consignes méthodologiques données, relire les exercices déjà corrigés, identifier ses points faibles sur la forme autant que sur le fond. Organiser ses révisions, c’est aussi planifier des temps pour s’entraîner aux formats attendus.

Évaluer la charge de travail et établir un planning réaliste

C’est souvent le moment où l’on prend conscience de l’ampleur de la tâche. Pour éviter le découragement, il convient d’estimer le temps nécessaire pour chaque chapitre ou compétence, d’additionner ce temps et de le répartir sur les jours disponibles. Il est important d’intégrer des marges pour les imprévus.

Si le temps manque, mieux vaut établir des priorités à l’aide de critères objectifs : le coefficient de l’épreuve, le niveau de maîtrise actuel, le degré de difficulté.

Choisir des méthodes d’apprentissage efficaces

Relire ses cours ne suffit pas. Les recherches en sciences cognitives ont montré que la mémorisation active est bien plus efficace que la simple lecture.

Plusieurs outils existent :

  • Les fiches de révision, à créer sans recopier le cours mot pour mot.

  • Les flashcards, version papier ou numérique, avec une question d’un côté, la réponse de l’autre.

  • Les cartes mentales, qui structurent les idées en suivant un raisonnement personnel.

Un bon test : si vous n’êtes pas capable d’expliquer une notion à quelqu’un d’autre, alors vous ne l’avez pas encore bien apprise.

Structurer ses journées de travail

Il est conseillé d’alterner les matières et les types d’activités, plutôt que de passer trois heures sur la même discipline. Cela permet de rester concentré et de mieux mémoriser.

On peut organiser son temps en séquences courtes et régulières, avec des pauses fréquentes. La réactivation espacée des connaissances est essentielle : revoir un contenu plusieurs fois, à des intervalles croissants, favorise la mémorisation à long terme.

Soigner son hygiène de vie

Le cerveau apprend mieux quand le corps va bien. Le sommeil, l’alimentation et l’activité physique jouent un rôle crucial dans la capacité à apprendre et à se concentrer.

Dormir suffisamment, éviter les excès de sucre, bouger régulièrement, même une vingtaine de minutes par jour, sont des habitudes à préserver, même en période de révisions intensives.

Apprendre à gérer ses émotions

Anxiété, découragement, impression d’être débordée sont des ressentis fréquents avant un examen. Il est essentiel de les accueillir sans les laisser prendre toute la place.

Des techniques simples comme la respiration guidée (cohérence cardiaque), la méditation de pleine conscience ou la visualisation peuvent aider à retrouver calme et confiance. Apprendre à réguler ses émotions fait pleinement partie d’une préparation réussie.

En résumé

Organiser ses révisions ne s’improvise pas. Cela demande une planification rigoureuse, des méthodes actives de mémorisation, un rythme de travail équilibré et une attention particulière portée à la gestion du stress. En adoptant ces bonnes pratiques, vous mettez toutes les chances de votre côté pour réussir votre examen ou votre concours.

Vous souhaitez être accompagné(e) pour mieux organiser vos révisions ?

Si votre adolescent manque de méthode ou que vous-même préparez un concours ou une reprise d’études, vous pouvez bénéficier d’un accompagnement personnalisé pour structurer efficacement vos révisions.

Deux options s’offrent à vous :

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L’état de flow

L’état de flow

L’état de flow ou de flux est un état psychique provoqué par la profonde implication d’un individu dans une activité.

⁃ Pour qu’une tâche nous mette en état de flow, il faut qu’elle soit perçue comme difficile mais en même temps réalisable : on ne se met pas en état de flow en épluchant des 🥔 🥕(sauf si on a 8 ans).
⁃ Il faut qu’elle soit gratifiante (c’est aussi pour ça que ça ne marche pas avec les 🥔 🥕).
⁃ La réalisation de cette activité doit permettre d’atteindre un but, de remplir un objectif clairement défini.

En état de flow, on perd la notion du temps et même la perception des besoins du corps.

S’isoler des stimulations extérieures, notamment auditives contribue à installer les conditions propices à cet état de grande productivité.

Les sons blancs, notamment les bruits de la nature, mais aussi les bruits urbains (ambiance de café ou de restaurant) ont un effet reconnu sur la cognition et la créativité, à condition toutefois de se maintenir au dessus de 50 dB et en dessous de 70 dB

(Source : Is Noise Always Bad? Exploring the Effects of Ambient Noise on Creative Cognition. -Ravi Mehta, Rui (Juliet) Zhu and Amar Cheema. Oxford University Press)

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Comprendre le TDA/H

Comprendre le TDA/H

TDAH chez l’adolescent : comprendre ce qui se passe vraiment à l’école

Votre adolescent oublie ses affaires, rend ses devoirs en retard ou pas du tout, ne tient pas en place pendant les cours, ou à l’inverse se mure dans un silence dont vous ne savez que faire. Les enseignants signalent un manque d’efforts. Lui dit qu’il fait ce qu’il peut. Et vous, quelque part entre les deux, vous cherchez une explication qui tienne.

Le TDAH — trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité — n’est pas un défaut de volonté. C’est un trouble du neurodéveloppement, documenté, dont les mécanismes sont aujourd’hui bien identifiés. Le comprendre change radicalement la façon d’accompagner un adolescent qui en est porteur.

Le TDAH n’est pas un problème de motivation

C’est le malentendu le plus répandu — et le plus coûteux. L’adolescent avec TDAH veut souvent bien faire. Ce qui est atteint, ce ne sont pas ses intentions, mais ses ressources cognitives pour les mettre en œuvre.

Le TDAH est un trouble des fonctions exécutives : l’ensemble des processus mentaux qui permettent de planifier une tâche, de maintenir son attention dans la durée, de résister aux distractions et de passer d’un sujet à un autre. Ces fonctions dépendent de circuits cérébraux — impliquant notamment le cortex préfrontal et ses connexions avec d’autres régions du cerveau — dont le développement se poursuit jusqu’à l’âge adulte, et qui fonctionnent différemment chez les personnes avec TDAH.

Concrètement, cela signifie que des tâches scolaires ordinaires — écouter et prendre des notes simultanément, planifier un exposé sur trois semaines, relire un devoir avant de le rendre — représentent une charge cognitive significativement plus élevée pour un ado avec TDAH que pour ses camarades.

Trois présentations, une seule étiquette

Le TDAH ne ressemble pas toujours à ce qu’on imagine. On distingue trois formes cliniques, chacune avec son propre tableau scolaire.

La présentation inattentive est souvent la plus invisible. L’adolescent est dans la lune, décroche silencieusement, perd le fil d’une consigne longue. Pas d’agitation, pas de comportement perturbateur. Cette forme est fréquemment non diagnostiquée, en particulier chez les filles, chez qui elle est souvent confondue avec de l’anxiété ou une fragilité émotionnelle.

La présentation hyperactive-impulsive est plus repérable : l’ado coupe la parole, change de sujet, agit avant de réfléchir. C’est le profil qui déclenche le plus souvent des signalements en classe — et qui porte, injustement, l’image d’un enfant « mal élevé ».

La présentation combinée, la plus fréquente en pratique clinique, associe les deux tableaux à des degrés variables.

Ces distinctions ne sont pas que théoriques : elles changent ce dont l’adolescent a besoin, tant sur le plan des méthodes de travail que des choix d’orientation.

Ce que le TDAH produit concrètement dans une journée de cours

Prenons une journée scolaire ordinaire.

En cours : écouter une explication tout en prenant des notes est une double tâche. La mémoire de travail — la capacité à maintenir et manipuler des informations actives simultanément — est l’une des fonctions les plus sollicitées et les plus déficitaires dans le TDAH. L’ado ne « fait pas semblant » de ne pas suivre : il est souvent épuisé cognitivement bien avant la fin de la matinée.

Face aux devoirs : rendre un devoir dans les délais suppose de segmenter la tâche, d’estimer le temps nécessaire, de résister aux interruptions et de s’y remettre après chaque pause. Chacune de ces étapes mobilise des fonctions exécutives défaillantes. Ce que l’entourage lit comme de la procrastination est souvent une incapacité réelle à initier — non pas un choix.

→ Lire aussi : Méthode de travail et TDAH : pourquoi votre ado révise sans retenir

Sur le plan émotionnel : les adolescents avec TDAH présentent fréquemment des difficultés à réguler leurs émotions — une sensibilité intense aux retours négatifs, une faible tolérance à la frustration, des réactions qui semblent disproportionnées à l’entourage. Cette dimension est bien documentée dans le tableau clinique du TDAH, même si les chercheurs débattent encore de la façon exacte dont elle s’articule avec les fonctions exécutives. Ce qu’on peut dire sans ambiguïté : ce n’est pas de l’immaturité, et ça ne disparaît pas avec un simple rappel à l’ordre.

Un dernier phénomène mérite d’être nommé. Beaucoup de parents observent que leur ado avec TDAH peut se concentrer pendant des heures sur un jeu vidéo ou une activité qui le passionne, mais décroche en quelques minutes sur un devoir. Ce que les praticiens appellent parfois « hyperfocalisation » — terme d’usage courant dans le domaine, même si son statut scientifique exact reste débattu — traduit en réalité une caractéristique bien réelle du système attentionnel dans le TDAH : il répond davantage à la nouveauté, à l’urgence et à l’intérêt immédiat qu’à la volonté consciente. Ce n’est pas de la mauvaise foi. C’est un fonctionnement qui ne s’adapte pas spontanément aux exigences scolaires.

Pourquoi l’école aggrave souvent le tableau

Le TDAH a des bases neurobiologiques réelles. Mais le degré de gêne qu’il produit au quotidien n’est pas fixe : il dépend en grande partie du décalage entre le fonctionnement cognitif de l’ado et ce que son environnement lui demande.

Or l’école standard demande précisément ce qui coûte le plus cher à un cerveau avec TDAH : un soutien attentionnel prolongé, la gestion autonome de délais longs sans retour immédiat, la capacité à travailler dans des environnements chargés sur le plan sensoriel, et à basculer rapidement d’une matière à une autre.

L’effet cumulatif est prévisible : des années de « tu pourrais faire mieux », de notes en dents de scie malgré des efforts réels, de conflits autour des devoirs finissent par construire une image scolaire négative difficile à déconstruire. C’est souvent ce que reflète la consultation, bien plus que les difficultés cognitives elles-mêmes.

Après le diagnostic : qu’est-ce qui change vraiment ?

Un diagnostic posé — que ce soit par un neuropédiatre, un neuropsychologue ou un psychiatre — ouvre une porte. Il ne la franchit pas.

Savoir que son adolescent a un TDAH ne dit pas quelles filières lui conviennent, quelles méthodes de travail sont adaptées à son fonctionnement, ni comment transformer une liste de difficultés en leviers d’action concrets pour l’orientation.

C’est précisément ce à quoi sert un accompagnement spécialisé : traduire le tableau clinique en stratégies utilisables, identifier les environnements scolaires et professionnels dans lesquels ce fonctionnement devient une force plutôt qu’un frein, et aider l’adolescent à reconstruire une image de lui-même qui ne soit pas définie par ses échecs.

Vous voulez aller plus loin ?

Je propose deux types d’accompagnement spécifiquement adaptés aux adolescents avec TDAH :

Le bilan d’orientation permet d’identifier les filières et les environnements d’apprentissage cohérents avec son profil cognitif — pas seulement avec ses notes. Il intègre une exploration des méthodes de travail et des besoins spécifiques liés au TDAH.

Le coaching scolaire travaille directement sur les fonctions exécutives en action : planification, gestion du temps, organisation du travail personnel. Pas de méthodes abstraites : on travaille sur les devoirs réels de l’ado, avec ses vrais cours, dans ses vraies difficultés.

→ Lire aussi : TDAH et orientation scolaire — guide pour choisir la bonne filière

→ Lire aussi : Gestion du temps et TDAH : comment aider votre ado à « voir » le temps

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Réservez un entretien d’information gratuit de 45 minutes — en visioconférence, par téléphone ou en présentiel à Bayonne. C’est l’occasion de me présenter la situation de votre adolescent et de voir ensemble quel accompagnement lui correspond.

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Les devoirs à l’école primaire

La question des devoirs à l’école primaire est souvent problématique dans la vie quotidienne des familles. Moment de cristallisation de nombreuses tensions, dues à la fatigue de la fin de journée, mais aussi à l’inquiétude que ressentent de nombreux parents face à la nécessité de voir réussir leur enfant à l’école.

Cet article fait suite à celui que j’avais consacré aux devoirs pour les plus grands.

 

À propos des devoirs à l’école primaire, les choses devraient être simples puisque la règle est la suivante : À la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre. (source : Ministère de l’éducation nationale).

En réalité, on sait bien qu’il en va souvent autrement. Notamment en CM2, où les enseignants désireux de familiariser les élèves avec les exigences du collège, parfois  sous la pression des parents, donnent des devoirs écrits. Dès le CE1, il peut arriver aussi que le professeur donne par exemple des dictées de mots à préparer.

Que les devoirs incluent de l’écrit ou non, la manière de les gérer ne change pas.

Pour limiter les conflits, ça peut paraître paradoxal, il faut fixer des règles.

Fixer des règles et s’y tenir est la première étape vers la mise en place d’une routine. Vous avez déjà mis en place de nombreuses règles dans votre famille :

– on se brosse les dents

–  il faut mettre un pyjama pour dormir

– on mange à table

– il ne faut pasmarcher pieds nus dans la rue

– le dessert vient à la fin du repas

– l’école est obligatoire

Tout ce que j’énumère et tant d’autres choses encore sont des règles que vous avez-mises en place parfois sans en avoir conscience. Votre enfant les respecte sans se poser de questions parce que ce sont des routines que personne ne remet en cause.

Le but est d’arriver à la même chose concernant le travail scolaire. D’ailleurs, nous savons tous qu’une des principales causes de conflit entre enfants et parents vient du fait que nos chers petits sont souvent tentés de négocier 😤.

Transformer une règle en rituel est le meilleur moyen de fermer la porte à la négociation.

La mise en place de ces règles au sein d’une famille peut être difficile dans les premiers temps, mais c’est un investissement pour l’avenir. Notamment pour la pré-adolescence et l’adolescence.

Règles à mettre en place pour faciliter les devoirs à l’école primaire :

Elles doivent être intangibles (dans la mesure du raisonnable évidemment) et demandent des efforts aux parents aussi.

Règle numéro 1 : Le temps des devoirs est non négociable. Il doit y avoir un créneau devoir cinq fois par semaine, s’il y a cinq jours d’école. Ce créneau doit se tenir en toutes circonstances, même si le professeur n’a pas donné de devoirs. Ces jours-là, à vous de donner une activité de remplacement. Toujours de nature scolaire et en rapport avec le programme (réviser des notions un peu anciennes, reprendre les tables de multiplication déjà étudiées, etc..)

Règle numéro 2 : Ce créneau doit se tenir à heure fixe une fois que vous l’avez déterminé avec votre enfant. C’est une contrainte pour vous aussi parent. Mais une fois que votre enfant aura intégré que les devoirs sont intangibles et qu’on ne peut pas négocier sur le moment, de nombreux conflits disparaitront.

Règle numéro 3 : La durée des devoirs doit-être connue d’avance par l’enfant. Les enfants ont souvent des difficultés à se projeter dans le temps. L’utilisation d’un timer ⏰ peut leur permettre de mieux percevoir le temps qui leur reste. Il faut également que la durée prévue soit respectée. Prenez contact avec l’enseignant de votre enfant pour connaître la durée normale des devoirs quotidiens. Le temps qu’il met effectivement à les faire peut être révélateur de difficultés.

Règle numéro 4 : L’enfant doit toujours avoir le sentiment d’être associé à la décision. Cela ne signifie pas que c’est lui qui décide, mais vous lui donnez le choix entre deux possibilités que vous jugez raisonnables. Par exemple, vous savez que vous pouvez être disponible pour aider votre enfant sur un créneau de 60 minutes pendant lequel il devra faire ses devoirs et faire sa toilette. Demandez-lui en début d’année scolaire s’il préfère commencer par les devoirs ou par la douche. Vous accepterez sa décision, qui restera valable pour le trimestre par exemple. Vous pourrez lui reposer la question en décembre.

Mettre en place des règles est la première étape et la plus difficile. La suite est plus simple :

Préparer le temps du travail par une phase de détente :

Prendre un goûter, bien sûr c’est généralement ce que font les enfants en sortant de l’école. Mais il est très important aussi de faire baisser la pression, si la journée a été difficile (pour vous aussi éventuellement, faire ces activités de détente avec votre enfant serait une assurance supplémentaire de mener à bien la mission devoirs).

Les moyens disponibles sont :

Faire un peu d’exercice physique, en plein air si possible, faire une petite promenade, jouer au ballon, promener le chien…

Pratiquer des exercices de respiration, de sophrologie ou une séance de cohérence cardiaque.

Méditer, il existe des méthodes de méditation de pleine conscience adaptées aux enfants.

Aménager l’espace de travail

L’espace de travail doit être propre (pas de Nutella sur la récitation !😫), plan et rigide (on n’écrit pas correctement à plat ventre sur le canapé ou sur le lit).

L’endroit où on travaille n’est pas le plus important, ça peut être la table de la cuisine, de la salle à manger, un bureau dans la chambre. Ce qui compte c’est d’éviter les sources de distraction et que le parent soit à proximité pour aider et (sur)veiller :

pas de télévision, d’ordinateur allumé, de petit chat qui joue, de bébé qui pleure, de fenêtre donnant sur la rue ou de jouets à portée de main.

On prépare son matériel avant le début de la séance, il peut être malin de prévoir une boîte contenant toute la papeterie nécessaire (crayons, gomme, souris correctrice, règle etc…) pour ne pas donner à l’enfant le loisir de filer dans sa chambre chercher quelque chose à tout bout de champ !

 

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