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Spécialités de première : comment aider son enfant à bien choisir

Spécialités de première : comment aider son enfant à bien choisir

Spécialités de première générale : ce que les parents doivent vraiment savoir pour aider leur enfant

En seconde, au second trimestre, le lycée remet une « fiche dialogue » pour recueillir les souhaits de spécialités. C’est souvent là que commence une forme d’angoisse parentale : quelle combinaison choisir ? Faut-il prendre des mathématiques pour ne pas fermer de portes ? Faut-il déjà anticiper Parcoursup ?

Ces questions partent d’une préoccupation légitime. Mais elles reposent sur un présupposé qui mérite d’être interrogé : l’idée que le choix des spécialités est ce qui détermine l’orientation. Dans la grande majorité des cas, ce n’est pas exact.

L’essentiel en un coup d’œil

  • Le choix des spécialités se fait progressivement : trois en première pour explorer, deux conservées en terminale pour approfondir.
  • Hors formations scientifiques sélectives, études de santé, Sciences Po et certaines filières techniques, très peu de formations imposent une combinaison précise de spécialités.
  • Les deux spécialités conservées en terminale représentent chacune un coefficient 16 dans la note finale du bac — ce qui pèse directement sur les dossiers Parcoursup.
  • Ce que Parcoursup évalue en priorité : la qualité globale de la candidature, pas la combinaison de spécialités.
  • Choisir une spécialité par calcul stratégique sans réelle appétence produit souvent l’effet inverse de celui recherché.
  • Quand un ado n’arrive pas à formuler de préférence ou de projet, un accompagnement en orientation peut faire la différence.

Votre enfant hésite sur ses spécialités ou n'arrive pas à formuler de projet ? Un bilan d'orientation permet de clarifier les pistes avant que le choix ne soit posé.

À quoi servent les spécialités de première et à quoi elles ne servent pas

La réforme du baccalauréat général a remplacé les séries (S, L, ES) par un système de spécialités choisies par chaque lycéen. L’objectif était de permettre une exploration plus personnalisée : trois spécialités en première (4 heures chacune), deux conservées en terminale (6 heures chacune), avec un coefficient 16 chacune dans la note finale du baccalauréat.

Ce coefficient est un élément concret à avoir en tête : les spécialités de terminale pèsent lourd dans la note de bac, qui entre elle-même dans les dossiers Parcoursup. C’est un argument supplémentaire pour choisir des spécialités dans lesquelles l’élève peut réellement performer — pas des spécialités subies.

La première est conçue comme une année de test autant que de formation. Un lycéen qui abandonne une spécialité en fin de première n’a pas raté un choix : il a utilisé le dispositif exactement comme prévu. La question utile n’est donc pas « quelles spécialités ouvrent le plus de portes ? » mais « quelles spécialités correspondent aux intérêts et aux points forts de mon enfant aujourd’hui ? »

L’erreur la plus fréquente : choisir pour « ouvrir des portes »

Le raisonnement est courant : choisir la spécialité mathématiques, même sans appétence particulière, pour ne pas se fermer des filières. Il part d’une intention compréhensible, mais produit fréquemment l’effet inverse.

Un lycéen qui s’engage en spécialité mathématiques sans réelle affinité avec la discipline se retrouve face à un programme exigeant, avec un investissement en temps considérable, pour des notes qui reflètent cette difficulté. Sur Parcoursup, des notes médiocres en spécialité mathématiques ne maintiennent pas ouvertes les portes des filières scientifiques : elles les ferment. Le calcul stratégique n’est gagnant que si l’élève a les ressources pour réussir la spécialité visée.

Pour les élèves qui abandonnent les mathématiques en fin de première mais souhaitent maintenir un signal dans ce domaine, il existe en terminale deux options complémentaires : mathématiques complémentaires (pour les élèves souhaitant consolider leurs bases) et mathématiques expertes (pour ceux qui voulaient approfondir). Ces options ne remplacent pas la spécialité, mais elles constituent un filet de sécurité utile à connaître avant de trancher.

À noter par ailleurs : la loi garantit à chaque élève le droit de combiner librement ses spécialités. Certains lycées proposent des « menus » de combinaisons imposées — c’est illégal. Si votre enfant se voit refuser une combinaison qu’il a légitimement le droit de demander, vous pouvez le signaler à l’établissement.

Ce que Parcoursup regarde vraiment

La combinaison de spécialités compte pour certaines formations : les classes préparatoires scientifiques et les études de santé ont des attendus disciplinaires précis, Sciences Po et les IEP valorisent des profils spécifiques selon les sections, et certains IUT ou BTS techniques ont des prérequis réels. Il serait inexact de dire que les spécialités sont toujours neutres.

Mais pour la majorité des formations — licences universitaires, écoles de commerce post-bac, BTS tertiaires, formations paramédicales hors médecine — les attendus nationaux publiés par le ministère sont explicites : c’est la qualité globale de la candidature qui prime. Cela se traduit concrètement par des notes solides dans les spécialités choisies, des appréciations positives des enseignants, une capacité à s’exprimer à l’écrit et à l’oral avec clarté, et un projet motivé cohérent avec la formation visée. Ces éléments se construisent dans toutes les spécialités, pas uniquement dans les plus « sérieuses ».

Les attendus détaillés sont consultables directement sur parcoursup.fr pour chaque formation, y compris pour les élèves qui n’y sont pas encore inscrits.

Comment accompagner son ado concrètement dans ce choix

Le premier levier, en tant que parent, est de déplacer la question. Plutôt que « quelle spécialité va te permettre de faire telle filière ? », les questions utiles sont celles-ci :

  • Dans quelles matières as-tu envie d’approfondir ce que tu as vu cette année ?
  • Dans quelles matières as-tu le sentiment de comprendre sans effort excessif ?
  • Y a-t-il des disciplines que tu évites parce qu’elles te semblent trop difficiles — ou au contraire que tu trouves trop faciles ?

L’ado qui peut répondre à ces questions, même partiellement, dispose déjà d’un point de départ solide. Celui qui ne peut pas y répondre, ou dont les réponses renvoient systématiquement à des critères extérieurs (ce que les parents préfèrent, ce que les amis font, ce qui paraît sérieux), envoie un signal différent.

Quand un adolescent n’arrive pas à formuler de préférence ou de projet, ce n’est pas toujours de la passivité ou du désintérêt. C’est parfois le signe que la question d’orientation n’a pas encore trouvé les bons outils pour être posée. Un bilan d’orientation offre précisément ces outils : une lecture structurée des intérêts, des capacités et des valeurs, traduite en pistes concrètes sur lesquelles l’ado peut s’appuyer.

Les contraintes pratiques à connaître

Le processus de choix. En seconde, au second trimestre, le lycée recueille les souhaits de spécialités via la fiche dialogue. Ce ne sont pas encore des choix définitifs : le conseil de classe de fin d’année formule ensuite une proposition d’orientation que la famille peut accepter ou contester. L’affectation en première tient également compte des capacités d’accueil de l’établissement, ce qui signifie qu’une combinaison souhaitée n’est pas toujours garantie. Anticiper dès le début du second trimestre laisse le temps d’explorer les alternatives si nécessaire.

La disponibilité selon les lycées. Toutes les spécialités ne sont pas proposées dans tous les établissements. Les spécialités artistiques (arts plastiques, musique, théâtre, danse, cinéma-audiovisuel), les langues anciennes (latin, grec), la spécialité EPS et la biologie-écologie (enseignement agricole uniquement) sont rares ou absentes dans de nombreux lycées. Si une spécialité peu courante correspond aux intérêts de votre enfant, vérifiez sa disponibilité dans les établissements accessibles avant d’arrêter un choix.

Les 13 spécialités proposées en première générale

À titre de référence, voici la liste complète des spécialités disponibles. Les programmes détaillés sont accessibles sur le site Éduscol.

  • Arts (arts plastiques, cinéma-audiovisuel, danse, histoire des arts, musique, théâtre, arts du cirque)
  • Biologie-écologie (enseignement agricole uniquement)
  • Éducation physique, pratiques et culture sportives
  • Histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques
  • Humanités, littérature et philosophie
  • Langues, littératures et cultures étrangères ou régionales
  • Littérature, langues et cultures de l’Antiquité
  • Mathématiques
  • Numérique et sciences informatiques
  • Physique-chimie
  • Sciences de l’ingénieur
  • Sciences de la vie et de la Terre
  • Sciences économiques et sociales

 

Votre enfant hésite sur ses spécialités ou n'arrive pas à formuler de projet ? Un bilan d'orientation permet de clarifier les pistes avant que le choix ne soit posé.

Motiver un adolescent

Motiver un adolescent

Adolescent démotivé à l’école : ce que les parents ne voient pas

La démotivation scolaire d’un ado n’est presque jamais ce qu’elle semble être. La recherche en psychologie de la motivation permet d’en comprendre les mécanismes, et d’agir autrement que par la pression.

L’expression revient dans la plupart des échanges avec les parents : « Il pourrait faire mieux, mais il ne fait rien. » La démotivation scolaire d’un adolescent est l’une des plaintes les plus fréquentes, et l’une des plus mal comprises. Parce qu’elle est presque toujours lue comme un problème de volonté ou de caractère. Alors que dans la grande majorité des cas, un adolescent démotivé à l’école signale quelque chose d’autre.

Cet article présente ce que les recherches en psychologie permettent de comprendre sur la motivation à l’adolescence, ce qui change chez les profils HPI et TDAH, et ce que les parents peuvent faire sans transformer chaque échange en rapport de force.

La démotivation n’est pas un trait de caractère

La démotivation scolaire s’installe rarement d’un coup. Elle s’accumule, souvent sur plusieurs mois ou plusieurs années, en réponse à des signaux répétés : sentiment d’incompétence, perte de sens, ennui chronique, attentes implicites de l’école que l’ado ne parvient pas à décoder.

Le point que la recherche établit avec une certaine clarté : la démotivation est presque toujours le symptôme d’un décalage entre le profil de l’adolescent et les conditions dans lesquelles il est censé apprendre. Elle n’est pas une défaillance de l’individu. C’est une réponse adaptative à un environnement qui ne lui convient pas.

Ce cadrage change la question posée aux parents : il ne s’agit plus de « comment faire pour qu’il veuille », mais de « qu’est-ce qui, dans cet environnement, ne lui permet pas de vouloir ? »

Ce que la théorie de l’autodétermination permet de comprendre

La théorie de l’autodétermination (Deci et Ryan, 1985) est aujourd’hui l’un des cadres les mieux validés pour expliquer la motivation humaine. Elle identifie trois besoins psychologiques fondamentaux dont la satisfaction conditionne l’engagement durable dans une activité.

Le besoin de compétence

Se percevoir capable de produire un effet sur son environnement. Ce n’est pas la compétence objective qui compte, mais la représentation que l’adolescent a de sa propre efficacité. Un ado convaincu qu’il « n’est pas fait pour les maths » ne s’engagera pas, même si ses capacités réelles le lui permettraient.

Le besoin d’autonomie

Sentir que ses actions viennent de lui, qu’il est agent de son propre parcours, et non manœuvré par des injonctions extérieures. Ce besoin est souvent mal interprété : ce que les parents lisent comme de l’opposition exprime fréquemment un besoin développemental légitime. L’adolescence est précisément la période où ce besoin s’affirme avec le plus de force.

Le besoin d’appartenance

Se sentir lié à des personnes qui comptent, qu’il s’agisse des pairs, de certains enseignants, ou de la famille. Le lien affectif ne se substitue pas aux deux autres besoins, mais il conditionne la sécurité psychologique sans laquelle l’engagement scolaire reste superficiel ou défensif.

Quand ces trois besoins sont satisfaits de manière cohérente, la motivation intrinsèque, celle qui vient de l’intérieur, se développe. Quand l’un d’eux est systématiquement contrarié, la motivation s’effondre, même si par ailleurs l’ado a des capacités évidentes.

Récompenses et pression : ce que dit la recherche

Les récompenses sont l’outil privilégié de la plupart des parents confrontés à un adolescent démotivé à l’école. Leur effet est bien documenté, et il est contre-intuitif.

Pour des tâches sans intérêt intrinsèque, une récompense externe peut produire un engagement à court terme. Mais pour des activités que l’ado trouve déjà intéressantes, introduire une contrepartie tend à réduire la motivation intrinsèque. Deci et Ryan désignent ce mécanisme sous le nom d’effet de sape : dès lors qu’une activité est associée à une récompense, l’adolescent commence à l’interpréter comme une contrainte subie plutôt que comme quelque chose qu’il fait pour lui. La récompense se substitue au sens.

Ce qui produit des effets plus durables : un feedback qui reconnaît l’effort et la progression indépendamment du résultat, formulé de façon à renforcer la perception de compétence sans créer de dépendance à la performance. « Tu as cherché, tu as recommencé » pèse plus, à terme, que « bravo pour ta note ».

Ce qui change chez les profils HPI et TDAH

La question de la motivation prend une forme particulière chez les adolescents présentant un profil HPI ou TDAH. Deux configurations que l’on rencontre régulièrement.

Profil HPI

La démotivation est souvent liée à l’ennui, non à la difficulté. Un travail insuffisamment stimulant, des attentes implicites de l’école que l’ado ne comprend pas, une exigence de conformité qui lui coûte cognitivement : tout cela peut produire un retrait progressif qui ressemble à de la paresse, mais qui est en réalité une réponse à un sous-défi chronique.

La motivation de ces profils est fortement liée au sens. Si l’adolescent ne comprend pas pourquoi il doit faire quelque chose, il ne le fera pas, ou il le fera en n’y investissant rien de lui-même. Ce n’est pas de l’arrogance : c’est un mode de fonctionnement qui requiert que les tâches aient une signification visible, pas seulement une utilité scolaire déclarée.

Profil TDAH

La démotivation est souvent confondue avec un manque de volonté, alors qu’elle renvoie à une régulation de l’activation différente. Le TDAH affecte les fonctions exécutives, et notamment la capacité à initier une tâche, à maintenir l’effort dans la durée et à différer une gratification. Ce que les parents vivent comme de la procrastination ou de l’indifférence est souvent un problème de démarrage et d’autorégulation, pas d’envie.

Dans les deux cas, les leviers classiques (pression, surveillance accrue, récompenses conditionnelles) ont peu d’effet et aggravent souvent le décalage. Ce qui change la donne, c’est la modification de l’environnement d’apprentissage, pas la modification de l’ado.

Ce que les parents peuvent faire

Quelques orientations issues de la recherche, sans viser à l’exhaustivité.

Réduire la pression évaluative à la maison. Si l’ado rentre dans un climat de contrôle permanent (notes, devoirs, temps de travail), les besoins d’autonomie et de compétence s’effacent encore davantage. L’environnement familial peut, partiellement, compenser ce que l’environnement scolaire ne fait pas.

Distinguer l’effort du résultat. Valoriser le fait qu’il a cherché, recommencé, tenu, indépendamment de la note obtenue. Ce signal renforce la perception de compétence sans créer de dépendance à la performance chiffrée.

Laisser de la place à l’intérêt propre de l’ado. La motivation ne se transfère pas d’une matière à l’autre par décret. En revanche, un adolescent qui a l’expérience répétée de la compétence dans un domaine qui lui appartient, que ce soit le sport, la musique, le code ou le dessin, développe une représentation de lui-même comme quelqu’un capable d’apprendre. Ce qui peut progressivement diffuser vers d’autres champs.

Éviter de personnaliser l’échec. « Tu ne fais aucun effort » met en cause l’ado. « Je ne comprends pas ce qui se passe » ouvre une conversation. La nuance n’est pas rhétorique : elle conditionne si l’adolescent peut rester en lien avec vous sur ce sujet, ou s’il s’en ferme définitivement.

Ce que les parents ne peuvent pas faire seuls : identifier précisément ce qui bloque, comprendre si la démotivation est liée à un profil spécifique (HPI, TDAH, difficultés d’apprentissage non identifiées), et construire un environnement adapté à partir de cette compréhension.

Quand l’accompagnement professionnel prend sens

Si la démotivation de votre adolescent s’installe dans la durée, résiste à vos tentatives d’ajustement, ou s’accompagne d’un écart visible entre ses capacités perçues et ses résultats réels, il peut être utile d’y regarder de plus près avec un professionnel.

Le bilan d’orientation n’est pas un outil de remédiation. C’est un outil de compréhension : comprendre ce qui motive réellement cet ado, identifier son profil de fonctionnement, clarifier ses directions. Et, pour les parents, disposer d’un cadre à partir duquel agir autrement que dans l’incertitude.

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Comment vaincre la procrastination

Comment vaincre la procrastination

Vaincre la procrastination : méthodes et ce qu’elles ne disent pas

La procrastination est l’un des sujets les mieux documentés en psychologie de la motivation. Elle est aussi l’un des plus mal compris au quotidien ce qui oriente vers des solutions qui ne fonctionnent pas.

La procrastination n’est pas un défaut de caractère. C’est un mécanisme précis, avec une logique interne cohérente, et des stratégies pour le déjouer à condition de savoir ce qu’on cherche à déjouer. Cet article présente les mécanismes en jeu et les méthodes qui ont fait la preuve de leur utilité, ainsi que leurs limites.

Ce qu’est réellement la procrastination

La procrastination est le report délibéré d’une tâche, malgré la conscience des conséquences négatives attendues. Cette définition, qui s’appuie notamment sur les travaux de Pychyl et Sirois, déplace le problème : ce n’est pas d’abord un problème d’organisation ou de gestion du temps. C’est un problème de régulation émotionnelle.

Le mécanisme est le suivant : la perspective d’une tâche génère un inconfort (ennui, anxiété, doute sur sa capacité à réussir, sentiment d’aversion). L’évitement soulage immédiatement cet inconfort. C’est ce soulagement à court terme qui renforce le comportement d’évitement indépendamment des conséquences à venir.

Il est utile de distinguer procrastination et distraction. La distraction est une réponse à un stimulus externe (une notification, un bruit). La procrastination est une réponse à un signal interne : l’inconfort anticipé face à une tâche précise. On peut être parfaitement concentré… sur n’importe quoi sauf ce qu’on était censé faire.

Ce qui aide à identifier la procrastination : elle est sélective. Elle ne touche pas toutes les tâches indistinctement, mais toujours les mêmes catégories, toujours le même type de déclencheur. Un lycéen procrastinera systématiquement en mathématiques mais pas en histoire. Un adulte repoussera le coup de téléphone difficile mais répondra immédiatement à ses mails.

Ce que la procrastination n’est pas : la distinction avec le TDAH

Avant de parler de méthodes, une distinction qui a des conséquences pratiques. Le TDAH partage certaines manifestations externes avec la procrastination (tâches non commencées, difficulté à maintenir l’effort, retards répétés) mais le mécanisme est différent.

Dans la procrastination ordinaire, l’évitement est motivé par l’inconfort émotionnel anticipé face à une tâche spécifique. Dans le TDAH, la difficulté à initier une tâche ou à soutenir l’effort dans le temps est liée à une régulation de l’activation différente, qui affecte les fonctions exécutives de façon transversale, pas seulement sur certaines tâches.

Cette distinction n’est pas anodine : les stratégies d’organisation décrites plus bas peuvent aider une personne TDAH à mieux structurer son travail, mais elles ne traitent pas le fond du problème. Si les patterns d’évitement résistent à toutes les tentatives d’ajustement, une évaluation spécialisée peut permettre de comprendre ce qui se joue réellement.

Les méthodes

Identifier les tâches à risque

La première étape n’est pas de se mettre au travail. C’est de repérer, à froid, quelles tâches déclenchent systématiquement l’évitement. Cette reconnaissance préalable est utile précisément parce qu’elle permet de préparer une réponse avant d’être dans la situation et non de tenter de réagir dans l’urgence, quand la résistance est déjà installée.

Commencer par la tâche difficile

Le principe « eat the frog », popularisé notamment par Brian Tracy, consiste à traiter en début de journée, quand les ressources cognitives sont disponibles, la tâche qui génère le plus de résistance. Il s’appuie sur un mécanisme bien documenté : l’inconfort ressenti avant de commencer une tâche disparaît presque toujours une fois dans l’action. La résistance est anticipatoire, pas inhérente à la tâche elle-même.

Découper la tâche

Plus une tâche est floue ou perçue comme massive, plus elle génère d’inconfort anticipatoire. La décomposer en étapes courtes et concrètes réduit mécaniquement cette perception. L’objectif n’est pas « rédiger le dossier » mais « écrire trois phrases d’introduction ». L’action initiale est suffisamment petite pour que la résistance s’effondre.

La méthode Pomodoro

Francesco Cirillo, à la fin des années 1980, a formalisé une technique aujourd’hui largement utilisée : 25 minutes de travail concentré, 5 minutes de pause, en cycles répétés. Son intérêt principal n’est pas l’organisation du temps mais la réduction de la résistance à l’entrée. Il est plus facile de commencer une tâche si on sait qu’elle est bornée dans le temps. « Je fais 25 minutes » est une promesse tenable, là où « je travaille jusqu’à ce que ce soit fini » ne l’est souvent pas.

Gérer les interruptions internes

Pendant le travail, des pensées parasites surgissent : appels à passer, choses oubliées, associations spontanées. Les noter immédiatement sur un support dédié (carnet, application, post-it) permet de les sortir de l’espace de travail mental sans les traiter sur le moment. Cette pratique est particulièrement utile pour les profils dont le cerveau continue à générer des connexions et des associations pendant l’effort concentré.

Installer des routines de fermeture

Terminer sa journée de travail en listant les tâches du lendemain et en les planifiant réduit la charge mentale en début de journée suivante. Commencer une session de travail avec un plan explicite, même sommaire, abaisse la résistance à l’entrée en supprimant la question « par où je commence ? ».

Ce que ces méthodes ne remplacent pas

Ces outils sont utiles. Mais ils s’adressent à la surface du problème, et leurs effets restent limités quand la procrastination est chronique, résistante aux stratégies, ou associée à un sentiment d’incapacité qui dépasse la tâche en question.

Chez les adolescents en particulier, une procrastination persistante est rarement un simple problème d’organisation. Elle peut signaler un profil de fonctionnement spécifique, une anxiété de performance, une perte de sens, ou un décalage entre les exigences scolaires et les besoins réels de l’ado. Si vous cherchez à comprendre ce qui se passe chez votre adolescent, deux articles approfondissent ces mécanismes : Pourquoi mon ado procrastine  et Comment aider un ado qui procrastine.

Quand consulter

Si les difficultés de votre adolescent autour de la mise au travail s’installent dans la durée et résistent aux ajustements habituels, comprendre leur origine avec un professionnel peut changer l’approche. Le bilan d’orientation permet d’identifier le profil de fonctionnement, de comprendre ce qui bloque réellement, et de construire des stratégies adaptées à ce profil spécifique.

Les devoirs à l’école primaire

La question des devoirs à l’école primaire est souvent problématique dans la vie quotidienne des familles. Moment de cristallisation de nombreuses tensions, dues à la fatigue de la fin de journée, mais aussi à l’inquiétude que ressentent de nombreux parents face à la nécessité de voir réussir leur enfant à l’école.

Cet article fait suite à celui que j’avais consacré aux devoirs pour les plus grands.

 

À propos des devoirs à l’école primaire, les choses devraient être simples puisque la règle est la suivante : À la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres aux élèves se limite à un travail oral ou des leçons à apprendre. (source : Ministère de l’éducation nationale).

En réalité, on sait bien qu’il en va souvent autrement. Notamment en CM2, où les enseignants désireux de familiariser les élèves avec les exigences du collège, parfois  sous la pression des parents, donnent des devoirs écrits. Dès le CE1, il peut arriver aussi que le professeur donne par exemple des dictées de mots à préparer.

Que les devoirs incluent de l’écrit ou non, la manière de les gérer ne change pas.

Pour limiter les conflits, ça peut paraître paradoxal, il faut fixer des règles.

Fixer des règles et s’y tenir est la première étape vers la mise en place d’une routine. Vous avez déjà mis en place de nombreuses règles dans votre famille :

– on se brosse les dents

–  il faut mettre un pyjama pour dormir

– on mange à table

– il ne faut pasmarcher pieds nus dans la rue

– le dessert vient à la fin du repas

– l’école est obligatoire

Tout ce que j’énumère et tant d’autres choses encore sont des règles que vous avez-mises en place parfois sans en avoir conscience. Votre enfant les respecte sans se poser de questions parce que ce sont des routines que personne ne remet en cause.

Le but est d’arriver à la même chose concernant le travail scolaire. D’ailleurs, nous savons tous qu’une des principales causes de conflit entre enfants et parents vient du fait que nos chers petits sont souvent tentés de négocier 😤.

Transformer une règle en rituel est le meilleur moyen de fermer la porte à la négociation.

La mise en place de ces règles au sein d’une famille peut être difficile dans les premiers temps, mais c’est un investissement pour l’avenir. Notamment pour la pré-adolescence et l’adolescence.

Règles à mettre en place pour faciliter les devoirs à l’école primaire :

Elles doivent être intangibles (dans la mesure du raisonnable évidemment) et demandent des efforts aux parents aussi.

Règle numéro 1 : Le temps des devoirs est non négociable. Il doit y avoir un créneau devoir cinq fois par semaine, s’il y a cinq jours d’école. Ce créneau doit se tenir en toutes circonstances, même si le professeur n’a pas donné de devoirs. Ces jours-là, à vous de donner une activité de remplacement. Toujours de nature scolaire et en rapport avec le programme (réviser des notions un peu anciennes, reprendre les tables de multiplication déjà étudiées, etc..)

Règle numéro 2 : Ce créneau doit se tenir à heure fixe une fois que vous l’avez déterminé avec votre enfant. C’est une contrainte pour vous aussi parent. Mais une fois que votre enfant aura intégré que les devoirs sont intangibles et qu’on ne peut pas négocier sur le moment, de nombreux conflits disparaitront.

Règle numéro 3 : La durée des devoirs doit-être connue d’avance par l’enfant. Les enfants ont souvent des difficultés à se projeter dans le temps. L’utilisation d’un timer ⏰ peut leur permettre de mieux percevoir le temps qui leur reste. Il faut également que la durée prévue soit respectée. Prenez contact avec l’enseignant de votre enfant pour connaître la durée normale des devoirs quotidiens. Le temps qu’il met effectivement à les faire peut être révélateur de difficultés.

Règle numéro 4 : L’enfant doit toujours avoir le sentiment d’être associé à la décision. Cela ne signifie pas que c’est lui qui décide, mais vous lui donnez le choix entre deux possibilités que vous jugez raisonnables. Par exemple, vous savez que vous pouvez être disponible pour aider votre enfant sur un créneau de 60 minutes pendant lequel il devra faire ses devoirs et faire sa toilette. Demandez-lui en début d’année scolaire s’il préfère commencer par les devoirs ou par la douche. Vous accepterez sa décision, qui restera valable pour le trimestre par exemple. Vous pourrez lui reposer la question en décembre.

Mettre en place des règles est la première étape et la plus difficile. La suite est plus simple :

Préparer le temps du travail par une phase de détente :

Prendre un goûter, bien sûr c’est généralement ce que font les enfants en sortant de l’école. Mais il est très important aussi de faire baisser la pression, si la journée a été difficile (pour vous aussi éventuellement, faire ces activités de détente avec votre enfant serait une assurance supplémentaire de mener à bien la mission devoirs).

Les moyens disponibles sont :

Faire un peu d’exercice physique, en plein air si possible, faire une petite promenade, jouer au ballon, promener le chien…

Pratiquer des exercices de respiration, de sophrologie ou une séance de cohérence cardiaque.

Méditer, il existe des méthodes de méditation de pleine conscience adaptées aux enfants.

Aménager l’espace de travail

L’espace de travail doit être propre (pas de Nutella sur la récitation !😫), plan et rigide (on n’écrit pas correctement à plat ventre sur le canapé ou sur le lit).

L’endroit où on travaille n’est pas le plus important, ça peut être la table de la cuisine, de la salle à manger, un bureau dans la chambre. Ce qui compte c’est d’éviter les sources de distraction et que le parent soit à proximité pour aider et (sur)veiller :

pas de télévision, d’ordinateur allumé, de petit chat qui joue, de bébé qui pleure, de fenêtre donnant sur la rue ou de jouets à portée de main.

On prépare son matériel avant le début de la séance, il peut être malin de prévoir une boîte contenant toute la papeterie nécessaire (crayons, gomme, souris correctrice, règle etc…) pour ne pas donner à l’enfant le loisir de filer dans sa chambre chercher quelque chose à tout bout de champ !

 

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Comment optimiser le temps des devoirs?

Comment optimiser le temps des devoirs?

Bonne nouvelle pour les collégiens et lycéens ! Si travailler est généralement nécessaire pour réussir à l’école. Plus que la quantité de travail fournie, c’est la qualité qui fait toute la différence…

Comment organiser son travail personnel ? Comment optimiser le temps des devoirs ? Cet article a pour objectif de rappeler les points essentiels à réunir pour une bonne efficacité du travail à la maison. Beaucoup de choses évidentes, mais également, j’espère des choses plus inédites. Cet article est destiné à être lu avec votre ado.

🖥 Une chose importante à savoir : ton cerveau est comme un ordinateur, il a une mémoire de travail (mémoire vive ou RAM qui stocke les informations peu de temps) et une mémoire à long terme (disque dur qui peut stocker ce que tu apprends pour toute ta vie).

Apprendre tes leçons, c’est faire passer les choses que tu apprends de la mémoire de travail vers la mémoire à long terme.📝 ➡️ 💿

Organisation type d’une soirée de travail scolaire (à partir de la 4e) :

Retour à la maison, goûter et pause (20 à 30 minutes).

⚠️ Il faut une table et une chaise pour le travail écrit. On ne peut pas travailler correctement et produire un travail satisfaisant dans le bus, installé sur son lit ou couché sur le canapé. La table doit être dégagée et propre (pas de taches de confiture ou de Nutella sur le DM de maths !). Cette table peut être dans la chambre, mais aussi dans la cuisine ou la salle à manger…

Pour la plupart des élèves (il y a des exceptions, notamment pour les élèves HPI), la pièce doit être calme, sans télé ni radio allumée, ni aucune autre source de distraction. Le portable DOIT être sur le mode avion ✈️ ou les notifications désactivées 🤐.

Pour se réciter les leçons à l’oral, beaucoup de liberté d’organisation. À chacun de trouver sa méthode : allongé, en marchant 🚶🏻‍♂️, assis en tailleur🧘🏽, sur un vélo d’appartement 🚲, dans le jardin 🏡 ou à la plage 🏖Beaucoup de jeunes mémorisent mieux en bougeant ou en se déplaçant.

☝🏽Qu’est-ce que j’ai appris aujourd’hui ?

Avant même d’ouvrir ton cours, essaie de te souvenir de ce que tu as appris le jour même dans chaque matière. Personne ne le fait jamais. C’est pourtant super important. Ça permet de commencer à stocker sur ton disque dur interne les apprentissages du jour. Ça te permet aussi de reprendre directement ton cahier pour vérifier si tu ne te souviens pas bien ou si tu n’as pas compris quelque chose.

⚠️ Plutôt que de demander à votre enfant quelles notes il a eues, demandez-lui ce qu’il a appris. Ça va lui montrer que l’école est un lieu où on apprend et pas uniquement le lieu des notes. Ça va également lui faire entamer le processus de remémoration qui est au centre du travail de la mémoire.

✌🏼J’apprends ma leçon du jour. Même si le professeur n’a pas demandé de le faire ou s’il n’y a pas d’exercice à faire.

Apprendre : qu’est-ce que ça veut dire ? Je relis 📖 mon cours et je vérifie que je comprends tout, que je connais le sens de tous les mots. Tant que je ne comprends pas tout, je ne peux pas passer à l’étape suivante.

Après avoir lu et compris, j’essaie de me remémorer le cours en l’écrivant sur une feuille ou mieux encore en faisant une fiche, une carte mentale ou en préparant des flashcards. Je dois écrire tout ce dont je me souviens et s’il y a des trous, ou des doutes, je jette un coup d’œil à mon cours et je le referme avant de continuer à noter.

⚠️ Lire ne suffit pas, il faut faire l’effort de se souvenir pour que ça reste ensuite en mémoire.

Il est très important d’apprendre sa leçon le jour même parce que tu vas l’oublier plusieurs fois avant de t’en souvenir pour de bon.

🏹 Astuce : Tu peux considérer que tu sais ta leçon, si tu es capable de la raconter avec ton propre vocabulaire à quelqu’un d’autre. Attention, si la leçon contient des mots de vocabulaire précis, il faut les savoir par cœur, c’est-à-dire comme quand tu apprenais une poésie à l’école primaire.

Une fois que je sais ma leçon du jour, je m’interroge moi-même sur les leçons des jours précédents. Il faut faire l’effort de se souvenir avant de les relire. Tu auras sûrement oublié des parties des leçons, une fois que tu t’es bien creusé la tête, tu peux ouvrir ton cahier pour chercher ce que tu avais oublié.

Tout comme un bébé tombe de nombreuses fois avant que la technique de la marche soit enregistrée dans sa mémoire, un élève oublie plusieurs fois sa leçon avant qu’elle soit mémorisée pour de bon.

⚠️ Important : en apprenant ta leçon, essaie d’imaginer les questions❓que le prof pourrait te poser. Demande-toi où sont les pièges ou quels sont les points importants. Ça te permettra de mieux mémoriser.

🏹 Astuce : avec tes potes avant un contrôle, essayez de deviner les questions à l’avance.

 

Pour aller plus loin

Découvrez le programme « 6heures pour réussir »

Les supports de mémorisation :

La fiche, elle ne doit pas être un résumé du cours. Elle contient uniquement les éléments de structure (le plan) et des mots-clés qui permettent de déclencher la remémoration.

La carte mentale (également appelée carte heuristique ou mindmap), elle peut se faire sur papier ou sur informatique. Elle permet de schématiser les liens logiques entre les différentes parties de la leçon. C’est un outil très puissant qui demande un peu d’entraînement.

Les flashcards se font sous forme de petites fiches papier ou carton ou avec des applications sur téléphone. Vous pouvez utiliser Anki, Quizlet ou Kudo par exemple. Les flashcards sont particulièrement adaptées pour mémoriser du vocabulaire en langue étrangère ou des définitions.

✍🏼 Je fais mes exercices, une fois que la leçon est sue et pas avant.

Les exercices doivent-être faits avec le cours fermé. Le travail de mémorisation se fait quand on réfléchit, qu’on essaie de se souvenir.

🏹 Astuce : Pour être encore meilleur, tu peux refaire les exercices que tu as ratés en classe.

⚠️ Souviens-toi : réviser, ce n’est pas relire. C’est faire l’effort de se souvenir. La relecture vient ensuite, une fois que l’on a fait l’effort de se souvenir.

Les profils d’apprentissage : ⚠️ les neurosciences n’ont pas prouvé la réalité des profils auditifs, visuels ou kinesthésiques. Néanmoins, il est fortement recommandé de multiplier les méthodes de mémorisation.

 

Pour aller plus loin et comprendre les mécanismes à l’œuvre dans la mémorisation : Peter C. Brown, Henry L. Roediger & Mark A. McDaniel, Mets-toi ça dans la tête ! Les stratégies d’apprentissage à la lumière des sciences cognitives