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Quelles soft skills développer pour préserver sa santé mentale au travail ?

Quelles soft skills développer pour préserver sa santé mentale au travail ?

Introduction – La santé mentale au travail : au-delà des dispositifs, une question de compétences humaines

La santé mentale au travail s’impose aujourd’hui comme un enjeu central de société, de performance durable et de responsabilité collective. En France, près d’un actif sur quatre déclare une santé mentale dégradée. Troubles anxieux, fatigue émotionnelle, perte de sens et épuisement professionnel progressent dans tous les secteurs, tous niveaux hiérarchiques confondus.

Face à ce constat, les organisations déploient des dispositifs essentiels : démarches QVCT, prévention des risques psychosociaux, cellules d’écoute, formations managériales, accords sur le droit à la déconnexion.
Ces leviers sont indispensables. Mais ils ne suffisent pas toujours.

Pourquoi ?
Parce que la santé mentale ne dépend pas uniquement des structures organisationnelles, mais aussi de la capacité des individus à se réguler, interagir, poser des limites et rester lucides dans des environnements complexes.

C’est ici que les soft skills, ou compétences comportementales et relationnelles, jouent un rôle clé.
Non pas comme une injonction à « mieux encaisser », mais comme de véritables compétences de protection psychique.

Pourquoi les soft skills sont devenues un enjeu majeur de santé mentale au travail

Un travail de plus en plus exigeant sur le plan psychique

Les transformations contemporaines du travail — hybridation, accélération des rythmes, incertitude permanente, surcharge informationnelle — sollicitent fortement :

  • l’attention et la concentration,
  • la régulation émotionnelle,
  • la capacité à poser des limites,
  • la qualité des relations interpersonnelles.

Les enquêtes menées par Eurofound montrent que la dégradation de la santé mentale est aujourd’hui moins liée à l’effort physique qu’à :

  • l’intensité cognitive,
  • les injonctions paradoxales,
  • le manque de marges de manœuvre,
  • les tensions relationnelles non régulées.

Dans ce contexte, certaines soft skills agissent comme de véritables facteurs protecteurs, comparables à des compétences de prévention en santé mentale.

Soft skills ≠ adaptation passive à des environnements toxiques

Un malentendu persiste : développer des soft skills ne signifie pas demander aux individus de s’adapter à des situations délétères.

Il s’agit au contraire de compétences qui permettent de :

  • mieux se repérer dans la complexité,
  • mieux se protéger psychiquement,
  • mieux interagir sans s’épuiser,
  • et parfois, mieux dire non.

Les 7 soft skills clés pour préserver sa santé mentale au travail

  1. La conscience de soi émotionnelle et cognitive

C’est la compétence socle de toute santé mentale durable.

Elle permet de :

  • identifier ses signaux de fatigue,
  • reconnaître ses émotions sans les nier,
  • repérer ses schémas de surinvestissement ou d’évitement.

Les travaux en neurosciences affectives montrent que nommer une émotion réduit son impact physiologique (Matthew Lieberman, UCLA).
Sans conscience de soi, la dégradation psychique est souvent progressive, silencieuse et tardivement repérée.

  1. La régulation émotionnelle (et non le contrôle)

Réguler une émotion ne signifie pas la réprimer.

Il s’agit de :

  • accueillir ce qui se joue,
  • comprendre les déclencheurs,
  • choisir une réponse ajustée à la situation.

Cette compétence est particulièrement protectrice face :

  • aux conflits,
  • aux feedbacks difficiles,
  • aux périodes d’incertitude ou de surcharge.

Elle réduit significativement le risque d’épuisement émotionnel, notamment dans les métiers relationnels et les fonctions managériales.

  1. L’assertivité : poser des limites sans rompre la relation

L’assertivité est l’un des leviers les plus puissants de prévention en santé mentale au travail.

Elle permet de :

  • dire non sans culpabilité excessive,
  • exprimer un désaccord sans agressivité,
  • demander de l’aide sans se dévaloriser.

À l’inverse, l’absence d’assertivité est fortement corrélée :

  • à la surcharge chronique,
  • au présentéisme,
  • au burn-out.

Les démarches QVCT portées par ANACT identifient clairement cette compétence comme un levier de prévention individuelle et collective.

  1. La capacité à demander du soutien

Contrairement à une croyance encore très ancrée, demander de l’aide est une compétence, pas une faiblesse.

Elle repose sur :

  • la confiance relationnelle,
  • la reconnaissance de ses limites,
  • la sécurité psychologique au sein des collectifs.

Les environnements de travail où cette compétence est valorisée présentent :

  • moins d’isolement,
  • moins de détresse silencieuse,
  • une meilleure régulation collective des tensions.
  1. La gestion de l’attention et de la charge cognitive

La santé mentale est étroitement liée à la charge cognitive.

Savoir :

  • prioriser,
  • monotâcher,
  • se protéger des interruptions constantes,
  • organiser des temps de récupération,

est devenu une compétence clé dans un monde hyperstimulant.

Les recherches en psychologie cognitive montrent que la surcharge attentionnelle chronique augmente :

  • l’irritabilité,
  • la fatigue mentale,
  • le risque d’erreurs,
  • la sensation de perte de contrôle.
  1. La communication relationnelle de qualité

Une grande partie de la souffrance au travail ne vient pas du travail lui-même, mais de la dégradation des relations.

Développer :

  • l’écoute active,
  • la reformulation,
  • la communication non violente,

permet de :

  • désamorcer les tensions,
  • éviter les conflits larvés,
  • réduire la charge émotionnelle inutile.
  1. La lucidité critique face aux injonctions implicites

Soft skill souvent oubliée, mais essentielle : la capacité à prendre du recul sur les normes dominantes.

Savoir questionner :

  • l’injonction à la performance permanente,
  • la positivité obligatoire,
  • la confusion entre engagement et surinvestissement,

protège contre :

  • la culpabilisation,
  • l’auto-exploitation,
  • la perte de repères identitaires.

Soft skills et responsabilité collective : un équilibre indispensable

Développer ces soft skills est utile.
Mais elles ne doivent jamais servir à compenser des organisations dysfonctionnelles.

Les recherches convergent sur un point essentiel :
👉 les soft skills protègent la santé mentale uniquement lorsqu’elles s’inscrivent dans un cadre de travail soutenable.

Sans transformation du travail réel, elles deviennent :

  • des outils de survie individuelle,
  • voire des injonctions supplémentaires à tenir.

La responsabilité est donc partagée :

  • aux individus, pour développer des compétences de régulation,
  • aux organisations, pour transformer durablement les conditions de travail.

Conclusion – Les soft skills comme véritables compétences de santé mentale

Les soft skills ne sont pas des compétences « en plus ».
Dans le travail contemporain, elles sont devenues de véritables compétences de santé mentale.

Conscience de soi, régulation émotionnelle, assertivité, gestion de l’attention, communication relationnelle, lucidité critique…
Elles permettent de travailler sans s’abîmer, sans nier la complexité du réel.

Mais elles ne remplaceront jamais une organisation du travail responsable.

La vraie question n’est donc pas :
« Quelles soft skills développer pour tenir ? »
Mais bien :
« Quelles soft skills développer pour rester lucide, protégé et acteur de sa santé mentale au travail ? »

🌱La solution Eklosia

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- 5 formations professionnelles en inter ou en intra pour monter en compétence (https://eklosia.com/formations-professionnelles/),

-5 programmes individuels d'accompagnement professionnel pour redessiner sa carrière (https://eklosia.com/programmes-individuels-daccompagnement-professionnel/)

- Une attention particulière à la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) pour placer l'humain au coeur du travail (https://eklosia.com/qualite-de-vie-et-condition-de-travail-qvct/),

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- Des conseils sur mesure prenant en compte vos besoins et votre unicité,

- Une attention particulière à l'atypisme au travail (https://eklosia.com/atypisme-au-travail-faites-de-votre-hypersensibilite-ou-multipotentialite-une-force/).

 

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Le côté obscur du bonheur au travail : quand le bien-être devient une injonction

Le côté obscur du bonheur au travail : quand le bien-être devient une injonction

Le bonheur au travail : une promesse devenue norme

Le bonheur au travail est devenu, en quelques années, un objectif affiché de nombreuses organisations. Programmes de bien-être, Chief Happiness Officers, ateliers de développement personnel… Le vocabulaire du bonheur s’est imposé dans le champ managérial.

À l’origine, l’intention est louable : améliorer le bien-être au travail et prévenir les risques psychosociaux. Pourtant, sur le terrain, un paradoxe apparaît de plus en plus clairement : lorsque le bonheur devient une norme, il peut se transformer en injonction, voire en nouvelle source de souffrance professionnelle.

Alors, le bonheur au travail est-il toujours bénéfique ? Ou peut-il, dans certaines conditions, produire l’effet inverse de celui recherché ?

 

I. Bonheur au travail : un concept séduisant mais flou

Une notion sans définition scientifique stabilisée

Contrairement à la santé mentale au travail ou à la QVCT, le bonheur au travail ne repose sur aucune définition académique consensuelle. Il peut désigner :

  • la satisfaction professionnelle
  • le sentiment de sens
  • l’épanouissement personnel
  • l’engagement
  • ou encore le plaisir au travail

Cette absence de cadre clair rend le concept attractif… mais aussi hautement interprétable, selon les cultures d’entreprise.

 

Du droit au bien-être à l’obligation d’aller bien

Un glissement s’opère progressivement :
le bien-être n’est plus un objectif collectif à construire, mais une attente individuelle à incarner.

Dans certaines organisations, cela se traduit par des messages implicites :

  • « Ici, on est heureux de travailler »
  • « Il faut rester positif »
  • « Les difficultés sont des opportunités »

Ce type de discours peut générer une pression émotionnelle invisible, analysée par la sociologie du travail comme une forme de dissonance émotionnelle.

 

II. Les dérives du bonheur au travail observées sur le terrain

L’invisibilisation de la souffrance au travail

Lorsque le bonheur est survalorisé, exprimer de la fatigue, du doute ou du mal-être devient plus difficile. Les salariés peuvent craindre :

  • d’être perçus comme négatifs,
  • de ne pas « correspondre à la culture »,
  • ou de fragiliser leur image professionnelle.

Résultat : la souffrance se tait, alors même que les indicateurs de santé mentale se dégradent.

 

La culpabilisation individuelle du mal-être

L’injonction au bonheur produit un autre effet délétère :
elle individualise des problèmes organisationnels.

Quand un salarié ne va pas bien, le raisonnement implicite devient :

  • « Il manque de recul »
  • « Il ne sait pas gérer son stress »
  • « Il devrait relativiser »

Or, les données de Santé Publique France montrent que les troubles anxieux et dépressifs sont fortement corrélés aux conditions de travail, à la charge mentale et au manque d’autonomie.

 

Le déplacement des responsabilités organisationnelles

Le bonheur au travail peut aussi servir d’écran.
En mettant l’accent sur des actions de bien-être individuelles (ateliers, coaching, méditation), certaines organisations évitent de questionner :

  • la charge de travail réelle,
  • les injonctions paradoxales,
  • le manque de reconnaissance,
  • les conflits de valeurs.

Les analyses de ANACT rappellent pourtant que la QVCT repose d’abord sur le travail réel, et non sur des dispositifs périphériques.

 

III. Pourquoi le discours sur le bonheur au travail séduit autant

Une réponse simple à des problématiques complexes

Face à l’intensification du travail, aux transformations numériques et à l’incertitude, le bonheur au travail offre une réponse rassurante, visible et communicable. Il est compatible avec :

  • la marque employeur,
  • les stratégies RH,
  • et les attentes sociétales autour de l’épanouissement.

Mais cette simplicité masque souvent la complexité réelle du travail.

 

Une norme sociale largement intériorisée

Les travaux de la sociologie contemporaine montrent que le bonheur est devenu une norme sociale globale. Le travail, fortement lié à l’identité, est naturellement concerné par cette injonction.

Ne pas être heureux au travail peut alors être vécu comme un échec personnel, plutôt que comme un signal organisationnel.

 

IV. Sortir de l’injonction : repenser le bien-être au travail autrement

Revenir à une QVCT fondée sur le travail réel

Les enquêtes européennes d’Eurofound montrent que les déterminants majeurs de la santé mentale au travail sont :

  • l’autonomie réelle,
  • la reconnaissance,
  • la clarté des objectifs,
  • la charge soutenable,
  • la qualité du collectif.

Ce sont ces leviers qui protègent durablement la santé mentale, bien plus que la recherche explicite du bonheur.

 

Réhabiliter le droit à la neutralité émotionnelle

Un travail peut être :

  • satisfaisant sans être exaltant,
  • utile sans être passionnant,
  • engageant sans être source de bonheur permanent.

Reconnaître cette neutralité émotionnelle permet de desserrer la pression, et de créer un climat psychologique plus sain.

 

Changer la question clé

Au lieu de demander :« Comment rendre les salariés heureux ? » poser collectivement :

« Qu’est-ce qui, dans notre organisation du travail, empêche de travailler sans s’abîmer ? »

Ce changement de focale est au cœur des démarches QVCT matures.

 

Conclusion — Le bonheur au travail n’est pas un indicateur de performance

Le bonheur au travail n’est ni un KPI, ni une obligation morale, ni un objectif universel. Lorsqu’il devient une norme implicite, il peut renforcer le silence, la culpabilité et l’épuisement.

Les organisations les plus responsables ne cherchent pas à produire du bonheur.
Elles cherchent d’abord à ne pas produire de souffrance inutile.

Et c’est déjà une transformation majeure.

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S’émanciper par le travail ou s’émanciper du travail ?

S’émanciper par le travail ou s’émanciper du travail ?

Pendant longtemps, la France a cultivé un modèle managérial fondé sur l’autoritarisme hiérarchique, la centralisation des décisions et une vision descendante du leadership. Mais ce modèle, longtemps perçu comme efficace et structurant, semble aujourd’hui en décalage profond avec les réalités du travail contemporain. Rejet des hiérarchies rigides, aspiration à plus d’autonomie, besoin de reconnaissance et de sens… : le management à la française est mis au défi. Ce constat n’est pas qu’une intuition. Il s’appuie sur des études comparatives, des retours de terrain et des indicateurs socioéconomiques qui montrent que ce modèle managérial pourrait bien devenir obsolète. Voici pourquoi, et surtout, comment le faire évoluer.

Un modèle sous pression : ce que disent les chiffres

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en 2025 a comparé les pratiques managériales de la France avec celles de l’Allemagne, de la Suède, de l’Irlande et de l’Italie. Il en ressort que la France se distingue par une faible autonomie laissée aux salariés, un style de management directif et un manque de reconnaissance du travail accompli. Par exemple, en France, les salariés ont 6,5 points d’autonomie en moins que la moyenne européenne. De plus, 35 % des managers français ne reçoivent aucune formation au moment de leur prise de poste. Ce modèle de promotion sans accompagnement pénalise la qualité du lien managérial et alimente les tensions sur le terrain. L’étude Eurofound « EWCS 2019 » montre aussi que le bien-être perçu par les salariés est plus faible en France qu’en Allemagne ou en Scandinavie, en lien direct avec les pratiques managériales.

Un modèle culturellement ancré mais déconnecté

Pourquoi le management à la française résiste-t-il autant au changement ? Il repose sur une culture d’entreprise fortement influencée par le centralisme administratif, la valorisation du diplôme et une hiérarchie statutaire. Cette organisation favorise un pouvoir concentré, une faible délégation et une logique de contrôle plutôt que de confiance. Mais cette logique est de plus en plus contestée. Le travail hybride, les attentes des nouvelles générations et les défis de la QVCT exigent un changement de posture : plus d’écoute, plus de responsabilisation, plus de reconnaissance.

Les conséquences : un coût humain et organisationnel

Ce modèle vertical n’est pas sans conséquences :
  • Turnover et désengagement : les salariés attendent un management de sens et de reconnaissance. Quand celui-ci est absent, ils partent ou se démobilisent. Une étude Gallup montre que les collaborateurs bien reconnus sont 45 % moins susceptibles de quitter leur entreprise dans les deux ans.
  • Refus d’accéder aux fonctions managériales : en France, 56 % des RH déclarent que les talents refusent les postes de managers, contre 36 % en moyenne internationale (enquête Cegos 2024).
  • Stress et dégradation de la QVCT : le style directif accroît le stress, réduit l’initiative, nuit à la coopération. Selon Eurofound, les formes d’organisation du travail en France sont perçues comme plus complexes et restrictives, et les contraintes psychologiques s’accentuent.
  • Perte de compétitivité : la verticalité ralentit l’agilité organisationnelle, freine l’innovation et bloque la transformation numérique. Une revue systématique publiée en 2024 montre que l’agilité organisationnelle est un prédicteur fort de la performance globale d’une entreprise.

Ailleurs, un management plus participatif

Là où la France conserve un modèle pyramidal, d’autres pays valorisent un management participatif et responsabilisant. En Suède, en Allemagne, en Irlande, les salariés sont mieux intégrés aux décisions, les feedbacks sont systématiques, la reconnaissance explicite. Par exemple, en Allemagne, la loi de codétermination (Mitbestimmungsgesetz) impose dans les entreprises de plus de 2 000 salariés que la moitié des sièges du conseil de surveillance soit occupée par des représentants des salariés. Cette participation active à la gouvernance renforce le sentiment d’implication et de responsabilité. Dès les années 1990, environ 24 % des entreprises allemandes du secteur industriel (notamment mécanique) avaient mis en place des groupes de travail autonomes. Aujourd’hui, selon Culture Amp (2025), 61 % des salariés allemands se déclarent engagés dans leur travail — un taux supérieur à celui de la France et cohérent avec les modèles managériaux plus participatifs. Ce modèle repose sur un dialogue social fort, une délégation structurée et une formation managériale continue. Résultat : plus de bien-être, plus d’engagement, plus d’innovation.

Vers un nouveau paradigme : 5 leviers pour réinventer le management

1.                  Passer du contrôle à la confiance :

Mettre fin au micro-management, faire confiance aux collaborateurs dans l’organisation de leur travail, encourager l’initiative et la prise de responsabilité. Cela passe par la définition claire des rôles, des objectifs et par une culture du droit à l’erreur.

2.                  Former autrement les managers :

Sortir d’une approche purement technique pour introduire les compétences comportementales : intelligence émotionnelle, gestion des conflits, animation d’équipe, écoute active. Proposer un parcours d’accompagnement continu : mentorat, codéveloppement, coaching individuel et collectif.

3.                  Installer une culture du feedback :

Former les managers et les équipes au feedback constructif, instaurer des temps réguliers d’échange (1:1, entretiens flash, revues trimestrielles), valoriser les efforts et les progrès autant que les résultats. Intégrer le feedback à la culture d’entreprise.

4.                  Intégrer la QVCT au management :

Faire du bien-être au travail un indicateur de pilotage managérial. Associer les équipes à la réflexion sur leurs conditions de travail, favoriser la conciliation des temps de vie, adapter les modes de management à l’hybridation des organisations.

5.                  Co-construire la transformation :

Plutôt que de décréter un nouveau modèle d’en haut, engager un dialogue avec les parties prenantes (managers, équipes, IRP), tester des formats innovants (organisation apprenante, leadership distribué, sprints de transformation), et ajuster en fonction du terrain. L’expérimentation et l’évaluation continue doivent guider la transition.

Solutions disruptives et originales à explorer

1.                  Instituer des « Conseils de pairs » :

Dans chaque équipe, instaurer un collectif de collaborateurs chargé de donner un retour sur les pratiques managériales, les tensions, les idées d’amélioration. Ces conseils, renouvelés chaque semestre, donnent une voix directe aux équipes dans la gouvernance du management.

2.                  Expérimenter le management tournant :

Inspiré de certains modèles coopératifs, proposer que le rôle de manager soit occupé à tour de rôle (et sur volontariat) dans des équipes mûres, pour renforcer l’empathie managériale et la responsabilisation collective.

3.                  Mettre en place des « labs d’expérimentation managériale » :

Créer un espace test dans l’entreprise pour essayer de nouvelles pratiques : autonomie totale d’une équipe pendant 3 mois, suppression temporaire de la hiérarchie, décisions prises par consentement. Objectif : mesurer les effets, documenter les résultats, capitaliser.

4.                  Introduire l’IA comme co-pilote managérial :

Utiliser l’intelligence artificielle pour détecter des signaux faibles (fatigue, surcharge, tensions récurrentes dans une équipe), proposer des feedbacks personnalisés ou des plans d’action en QVCT. L’IA ne remplace pas le manager, mais l’aide à mieux piloter le facteur humain.

5.                  Rémunérer les comportements managériaux vertueux :

Repenser les bonus non plus uniquement sur la performance business mais sur la qualité managériale : taux de satisfaction équipe, progression des compétences, résolution de conflits, innovation relationnelle.

Conclusion : le déclin d’un modèle, l’émergence d’un nouveau souffle

Le management à la française tel qu’il a dominé jusqu’ici ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Mais ses limites sont aujourd’hui trop évidentes pour être ignorées. Pour rester attractives, performantes et humaines, les organisations doivent amorcer un virage culturel profond. Cette transformation ne repose pas uniquement sur les managers, mais sur toute la chaîne RH, jusqu’à la direction générale. C’est une opportunité unique pour repenser le travail comme un espace de responsabilité partagée, de dialogue et d’épanouissement.

🌱La solution Eklosia

Si vous souhaitez explorer davantage de solutions pour mener une carrière professionnelle alliant réussite et bien-être au travail, Eklosia propose des formations, ateliers et accompagnements individuels pour vous guider vers l'épanouissement au travail. Nous proposons:

- 5 formations professionnelles en inter ou en intra pour monter en compétence (https://eklosia.com/formations-professionnelles/),

-5 programmes individuels d'accompagnement professionnel pour redessiner sa carrière (https://eklosia.com/programmes-individuels-daccompagnement-professionnel/)

- Une attention particulière à la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) pour placer l'humain au coeur du travail (https://eklosia.com/qualite-de-vie-et-condition-de-travail-qvct/),

- Des ateliers sur plus de 10 soft skills sur demande,

- Des conseils sur mesure prenant en compte vos besoins et votre unicité,

- Une attention particulière à l'atypisme au travail (https://eklosia.com/atypisme-au-travail-faites-de-votre-hypersensibilite-ou-multipotentialite-une-force/).

 

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Le management à la française : un modèle à bout de souffle

Le management à la française : un modèle à bout de souffle

Pendant longtemps, la France a cultivé un modèle managérial fondé sur l’autoritarisme hiérarchique, la centralisation des décisions et une vision descendante du leadership. Mais ce modèle, longtemps perçu comme efficace et structurant, semble aujourd’hui en décalage profond avec les réalités du travail contemporain. Rejet des hiérarchies rigides, aspiration à plus d’autonomie, besoin de reconnaissance et de sens… : le management à la française est mis au défi.

Ce constat n’est pas qu’une intuition. Il s’appuie sur des études comparatives, des retours de terrain et des indicateurs socioéconomiques qui montrent que ce modèle managérial pourrait bien devenir obsolète. Voici pourquoi, et surtout, comment le faire évoluer.

 

Un modèle sous pression : ce que disent les chiffres

Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) en 2025 a comparé les pratiques managériales de la France avec celles de l’Allemagne, de la Suède, de l’Irlande et de l’Italie. Il en ressort que la France se distingue par une faible autonomie laissée aux salariés, un style de management directif et un manque de reconnaissance du travail accompli.

Par exemple, en France, les salariés ont 6,5 points d’autonomie en moins que la moyenne européenne. De plus, 35 % des managers français ne reçoivent aucune formation au moment de leur prise de poste. Ce modèle de promotion sans accompagnement pénalise la qualité du lien managérial et alimente les tensions sur le terrain.

L’étude Eurofound « EWCS 2019 » montre aussi que le bien-être perçu par les salariés est plus faible en France qu’en Allemagne ou en Scandinavie, en lien direct avec les pratiques managériales.

 

Un modèle culturellement ancré mais déconnecté

Pourquoi le management à la française résiste-t-il autant au changement ? Il repose sur une culture d’entreprise fortement influencée par le centralisme administratif, la valorisation du diplôme et une hiérarchie statutaire. Cette organisation favorise un pouvoir concentré, une faible délégation et une logique de contrôle plutôt que de confiance.

Mais cette logique est de plus en plus contestée. Le travail hybride, les attentes des nouvelles générations et les défis de la QVCT exigent un changement de posture : plus d’écoute, plus de responsabilisation, plus de reconnaissance.

 

Les conséquences : un coût humain et organisationnel

Ce modèle vertical n’est pas sans conséquences :

  • Turnover et désengagement : les salariés attendent un management de sens et de reconnaissance. Quand celui-ci est absent, ils partent ou se démobilisent. Une étude Gallup montre que les collaborateurs bien reconnus sont 45 % moins susceptibles de quitter leur entreprise dans les deux ans.
  • Refus d’accéder aux fonctions managériales : en France, 56 % des RH déclarent que les talents refusent les postes de managers, contre 36 % en moyenne internationale (enquête Cegos 2024).
  • Stress et dégradation de la QVCT : le style directif accroît le stress, réduit l’initiative, nuit à la coopération. Selon Eurofound, les formes d’organisation du travail en France sont perçues comme plus complexes et restrictives, et les contraintes psychologiques s’accentuent.
  • Perte de compétitivité : la verticalité ralentit l’agilité organisationnelle, freine l’innovation et bloque la transformation numérique. Une revue systématique publiée en 2024 montre que l’agilité organisationnelle est un prédicteur fort de la performance globale d’une entreprise.

 

Ailleurs, un management plus participatif

Là où la France conserve un modèle pyramidal, d’autres pays valorisent un management participatif et responsabilisant. En Suède, en Allemagne, en Irlande, les salariés sont mieux intégrés aux décisions, les feedbacks sont systématiques, la reconnaissance explicite.

Par exemple, en Allemagne, la loi de codétermination (Mitbestimmungsgesetz) impose dans les entreprises de plus de 2 000 salariés que la moitié des sièges du conseil de surveillance soit occupée par des représentants des salariés. Cette participation active à la gouvernance renforce le sentiment d’implication et de responsabilité.

Dès les années 1990, environ 24 % des entreprises allemandes du secteur industriel (notamment mécanique) avaient mis en place des groupes de travail autonomes. Aujourd’hui, selon Culture Amp (2025), 61 % des salariés allemands se déclarent engagés dans leur travail — un taux supérieur à celui de la France et cohérent avec les modèles managériaux plus participatifs.

Ce modèle repose sur un dialogue social fort, une délégation structurée et une formation managériale continue. Résultat : plus de bien-être, plus d’engagement, plus d’innovation.

 

Vers un nouveau paradigme : 5 leviers pour réinventer le management

1.                  Passer du contrôle à la confiance :

Mettre fin au micro-management, faire confiance aux collaborateurs dans l’organisation de leur travail, encourager l’initiative et la prise de responsabilité. Cela passe par la définition claire des rôles, des objectifs et par une culture du droit à l’erreur.

2.                  Former autrement les managers :

Sortir d’une approche purement technique pour introduire les compétences comportementales : intelligence émotionnelle, gestion des conflits, animation d’équipe, écoute active. Proposer un parcours d’accompagnement continu : mentorat, codéveloppement, coaching individuel et collectif.

3.                  Installer une culture du feedback :

Former les managers et les équipes au feedback constructif, instaurer des temps réguliers d’échange (1:1, entretiens flash, revues trimestrielles), valoriser les efforts et les progrès autant que les résultats. Intégrer le feedback à la culture d’entreprise.

4.                  Intégrer la QVCT au management :

Faire du bien-être au travail un indicateur de pilotage managérial. Associer les équipes à la réflexion sur leurs conditions de travail, favoriser la conciliation des temps de vie, adapter les modes de management à l’hybridation des organisations.

5.                  Co-construire la transformation :

Plutôt que de décréter un nouveau modèle d’en haut, engager un dialogue avec les parties prenantes (managers, équipes, IRP), tester des formats innovants (organisation apprenante, leadership distribué, sprints de transformation), et ajuster en fonction du terrain. L’expérimentation et l’évaluation continue doivent guider la transition.

 

Solutions disruptives et originales à explorer

1.                  Instituer des « Conseils de pairs » :

Dans chaque équipe, instaurer un collectif de collaborateurs chargé de donner un retour sur les pratiques managériales, les tensions, les idées d’amélioration. Ces conseils, renouvelés chaque semestre, donnent une voix directe aux équipes dans la gouvernance du management.

2.                  Expérimenter le management tournant :

Inspiré de certains modèles coopératifs, proposer que le rôle de manager soit occupé à tour de rôle (et sur volontariat) dans des équipes mûres, pour renforcer l’empathie managériale et la responsabilisation collective.

3.                  Mettre en place des « labs d’expérimentation managériale » :

Créer un espace test dans l’entreprise pour essayer de nouvelles pratiques : autonomie totale d’une équipe pendant 3 mois, suppression temporaire de la hiérarchie, décisions prises par consentement. Objectif : mesurer les effets, documenter les résultats, capitaliser.

4.                  Introduire l’IA comme co-pilote managérial :

Utiliser l’intelligence artificielle pour détecter des signaux faibles (fatigue, surcharge, tensions récurrentes dans une équipe), proposer des feedbacks personnalisés ou des plans d’action en QVCT. L’IA ne remplace pas le manager, mais l’aide à mieux piloter le facteur humain.

5.                  Rémunérer les comportements managériaux vertueux :

Repenser les bonus non plus uniquement sur la performance business mais sur la qualité managériale : taux de satisfaction équipe, progression des compétences, résolution de conflits, innovation relationnelle.

 

Conclusion : le déclin d’un modèle, l’émergence d’un nouveau souffle

Le management à la française tel qu’il a dominé jusqu’ici ne disparaîtra pas du jour au lendemain. Mais ses limites sont aujourd’hui trop évidentes pour être ignorées. Pour rester attractives, performantes et humaines, les organisations doivent amorcer un virage culturel profond.

Cette transformation ne repose pas uniquement sur les managers, mais sur toute la chaîne RH, jusqu’à la direction générale. C’est une opportunité unique pour repenser le travail comme un espace de responsabilité partagée, de dialogue et d’épanouissement.

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Santé mentale en entreprise : les premières actions à mettre en place

Santé mentale en entreprise : les premières actions à mettre en place

« Je ne sais pas par où commencer. » Cette phrase revient souvent lorsqu’on évoque la santé mentale au travail — et elle traduit à la fois un désarroi sincère et une forme d’urgence. Depuis plus d’une décennie, et de façon exponentielle depuis la crise du Covid-19, les signaux d’alerte se multiplient : stress chronique, burn-out, perte de sens…

En 2025, la santé mentale est enfin reconnue comme Grande Cause Nationale. Pourtant, les chiffres restent préoccupants : 1 actif sur 4 se déclare en mauvaise santé mentale (Parlons RH, 2025).

 

Alors, face à l’ampleur du défi, par où commencer ? Comment initier une démarche qui soit à la fois concrète, humaine et durable, sans tomber dans l’effet d’annonce ou la solution gadget ?

Dans cet article, je vous propose :

  • Un état des lieux du contexte français
  • Une déconstruction des idées reçues
  • Les enjeux pour chaque acteur du monde professionnel
  • Des exemples concrets et des retours d’expérience
  • Des pistes d’actions pragmatiques pour démarrer

 

La santé mentale, Grande Cause Nationale : un engagement politique qui appelle des actions concrètes

1.                  2025 : une reconnaissance officielle, un tournant sociétal

En 2025, la santé mentale a été désignée Grande Cause Nationale par le gouvernement français. Cette initiative vise à briser les tabous, accélérer la prévention, améliorer l’accès aux soins et rendre visibles les souffrances psychiques longtemps reléguées à la sphère privée.

 

Elle s’articule autour de quatre ambitions principales :

  • Sensibiliser largement le grand public et les professionnels,
  • Renforcer la prévention dès le plus jeune âge et dans tous les milieux (école, entreprise, famille),
  • Améliorer le repérage précoce des troubles psychiques,
  • Faciliter les parcours de soins et réduire les inégalités d’accès.

 

2.                  Un cadre politique porteur, mais encore imparfait

Cette reconnaissance a permis plusieurs avancées :

  • La mobilisation conjointe de plusieurs ministères (Santé, Travail, Éducation nationale, Jeunesse),
  • Le financement de projets pilotes portés par des associations, collectivités et professionnels de terrain,
  • Le soutien au déploiement de formations clés, comme les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM), permettant aux citoyens d’être mieux outillés face à la détresse psychique.

 

3.                  Une dynamique ambitieuse qui se heurte à des limites structurelles notables

  • L’offre de soins reste insuffisante, particulièrement dans les déserts médicaux et les zones rurales,
  • Les délais d’accès aux soins psychologiques et psychiatriques sont encore trop longs,
  • Les entreprises manquent de visibilité sur les aides disponibles pour les soutenir dans la mise en place de dispositifs adaptés.
  • Une impulsion nationale… mais une action locale encore à construire

 

Malgré ces freins, cette initiative donne un élan fort aux acteurs du monde du travail pour dépasser les approches ponctuelles ou symboliques. Elle incite à intégrer la santé mentale dans une logique de politique structurée de Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT).

Mais pour transformer cette ambition en réalités tangibles, les actions doivent s’ancrer dans le quotidien professionnel.

 

4.                  Un contexte alarmant qui manque encore de leviers concrets

Les données récentes dessinent une véritable alerte sanitaire et sociale. La reconnaissance politique ne suffit pas : le terrain réclame des moyens, de la clarté, et surtout des actes.

 

Voici quelques chiffres-clés qui illustrent l’ampleur du problème :

  • 1 salarié sur 4 déclare une mauvaise santé mentale (Parlons RH, 2025),
  • Les arrêts de travail longue durée ont augmenté de 58 % en cinq ans (Parlons RH, 2025),
  • 36 % des salariés ne bénéficient d’aucune action de prévention dans leur entreprise (Baromètre Ipsos / Qualisocial, 2025),
  • 47 % des salariés reconnaissent avoir réduit leur efficacité à cause de leur état psychique (GHU Paris, 2024),
  • 12 000 accidents du travail ont été directement liés aux risques psychosociaux en 2023 (Info.gouv, 2024).

 

Ces chiffres montrent que malgré un cadre institutionnel plus favorable, les entreprises et les acteurs de terrain

 

Déconstruire les idées fausses pour mieux agir

Avant de mettre en place des actions efficaces, encore faut-il changer notre regard collectif sur la santé mentale. Trop souvent, des idées fausses, des stéréotypes ou des croyances minimisent la réalité vécue par les personnes concernées. Résultat : silence, culpabilité, invisibilité.

Un article de MyHappyJob, « Santé mentale au travail stop aux clichés » (2023) met en lumière plusieurs de ces représentations erronées — et leurs conséquences néfastes en entreprise.

 

1.                  « Seules les personnes fragiles sont concernées »

Cette croyance renforce la stigmatisation et empêche de nombreuses personnes de parler de leur mal-être. Or, les troubles psychiques n’épargnent personne, quel que soit l’âge, le genre, le poste ou le niveau hiérarchique.

Selon Santé Publique France (2023), les troubles anxieux ou dépressifs concernent plus de 30 % des 18-35 ans et sont également présents chez les dirigeants, cadres, indépendants. Il ne s’agit pas d’une faiblesse individuelle, mais souvent d’une réaction à un environnement de travail délétère ou à des événements de vie.

« C’est souvent ceux qui paraissent les plus solides qui s’effondrent silencieusement », confiait une DRH lors d’un atelier sur les signaux faibles.

 

2.                  « Le télétravail est forcément bénéfique »

Si le télétravail a été salutaire pour certains, notamment pour l’équilibre vie pro/vie perso ou l’autonomie, il peut aussi générer des effets délétères : isolement, hyperconnexion, effacement des limites, perte de repères.

Le baromètre Malakoff Humanis (2023) montre que 64 % des télétravailleurs déclarent éprouver des difficultés à se déconnecter. De plus, 1 salarié sur 3 déclare souffrir d’un sentiment d’isolement dans ce mode de travail.

Le télétravail ne doit donc pas être pensé comme une solution universelle, mais adapté, encadré et régulé pour être bénéfique à long terme.

 

3.                  « Un bon manager ne montre pas ses émotions »

Cette vision du manager « fort, froid et inébranlable » est encore ancrée dans certaines cultures d’entreprise. Pourtant, la posture managériale a profondément évolué : les collaborateurs attendent désormais écoute, bienveillance et humanité.

Montrer sa vulnérabilité — dans une certaine mesure — n’est pas un signe de faiblesse, mais une preuve d’authenticité. Cela favorise la confiance, réduit la peur du jugement, et ouvre un espace où les collaborateurs peuvent s’exprimer sans crainte.

Exemple : Lors d’une formation PSSM, un manager confiait : « C’est le jour où j’ai dit à mon équipe que moi aussi j’avais connu une période difficile que les langues se sont déliées. »

 

4.                  « La santé mentale, c’est personnel »

C’est l’une des idées les plus tenaces — et les plus problématiques. Réduire la santé mentale à une affaire privée revient à déresponsabiliser les environnements professionnels.

En réalité, le cadre de travail joue un rôle déterminant : surcharge, injonctions paradoxales, conflits de valeurs, manque d’autonomie ou d’écoute sont autant de facteurs aggravants. À l’inverse, un climat de confiance, des marges de manœuvre et un soutien social protègent activement la santé mentale.

Les entreprises ont donc un rôle collectif à jouer : en adaptant les conditions de travail, en formant les managers, en déployant des dispositifs accessibles, elles contribuent à un environnement plus soutenable.

 

Des enjeux multiples selon les profils : une responsabilité partagée

La santé mentale au travail ne concerne pas seulement les individus en souffrance. Elle engage toutes les parties prenantes : salariés, indépendants, managers, responsables RH… chacun avec ses spécificités, ses fragilités, mais aussi son pouvoir d’action.

 

1.                  Pour les salariés : entre surcharge et perte de repères

Les salariés sont les premiers exposés aux dérèglements du travail contemporain : injonctions contradictoires, surcharge cognitive, objectifs flous ou irréalistes.

Les conséquences sont bien identifiées :

  • Sentiment d’isolement, même en équipe, lorsqu’aucun espace de parole n’existe,
  • Dévalorisation progressive liée au manque de reconnaissance ou à l’impossibilité d’agir sur son périmètre,
  • Risque d’épuisement émotionnel ou de burn-out, souvent non détecté à temps,
  • Baisse de l’engagement, de la créativité et de la performance à moyen terme.

Un climat de travail anxiogène ou désorganisé peut rapidement miner la santé psychique, même chez des profils réputés « solides ».

 

2.                  Pour les travailleurs indépendants : la double pression de l’autonomie

Souvent idéalisée, l’indépendance professionnelle s’accompagne de vulnérabilités spécifiques :

  • Solitude décisionnelle : pas de collectif pour échanger, partager ou relayer les tensions,
  • Pression constante à performer pour assurer la pérennité de son activité,
  • Flou sur les ressources disponibles : beaucoup ignorent qu’ils peuvent accéder à des services de soutien psychologique (notamment via certains dispositifs URSSAF ou mutuelles).

Pour ces professionnels, la prévention repose sur la capacité à s’auto-réguler, mais aussi à s’entourer et à ne pas banaliser l’épuisement.

 

3.                  Pour les managers : une interface exposée, souvent oubliée

Le rôle du manager est central mais ambigu. Il est à la fois garant des objectifs et relais du bien-être de ses équipes — sans toujours avoir les clés pour naviguer entre les deux.

Les enjeux principaux sont :

  • Difficulté à repérer les signaux faibles, faute de formation ou de temps d’observation,
  • Charge émotionnelle croissante, notamment lorsqu’un collaborateur va mal,
  • Peu de lieux de soutien ou de supervision, alors que leur propre santé mentale est aussi en jeu.

 

De nombreux managers expriment un sentiment d’impuissance ou de peur de « mal faire », ce qui les pousse parfois… à ne rien faire.

 

4.                  Pour les RH et les organisations : enjeux systémiques et leviers de transformation

Les directions RH sont en première ligne pour structurer une réponse organisationnelle efficace, mais elles se heurtent souvent à des contraintes multiples : budgétaires, culturelles, politiques.

Voici les enjeux-clés :

  • Coûts directs et indirects liés à l’absentéisme, au turnover, à la démotivation,
  • Obligation légale de prévention (Code du travail, art. L.4121-1) incluant les risques psychosociaux,
  • Enjeux d’attractivité sur un marché de l’emploi de plus en plus attentif à la QVCT,
  • Nécessité d’un pilotage structuré : diagnostics, plans d’action, indicateurs, implication du management.

C’est en articulant le niveau individuel (écoute, accompagnement) et le niveau organisationnel (cadre, politique RH) que l’entreprise peut réellement devenir un lieu de prévention et de santé.

 

Cas concrets et retours d’expérience : quand la théorie rencontre le terrain

Les politiques de santé mentale ne peuvent se résumer à des chartes ou des intentions générales. Ce sont les situations concrètes, humaines, parfois inconfortables, qui révèlent les besoins réels et les marges de progrès. Voici trois illustrations issues de la pratique terrain.

 

1.                  Mise en situation : quand le retour au travail devient un second traumatisme

Une salariée revient après un arrêt de trois mois pour burn-out. Elle est accueillie par un simple « bon retour » en réunion d’équipe. Aucun temps dédié, aucun entretien de reprise, aucun aménagement de poste n’a été envisagé. Son manager, bienveillant mais démuni, n’ose pas aborder frontalement le sujet : « Je ne savais pas si j’avais le droit d’en parler… »

 

Résultat : en quelques semaines, les mêmes tensions réapparaissent. La collaboratrice s’isole, doute, s’épuise. L’entreprise a respecté ses obligations administratives, mais a échoué à recréer un cadre sécurisé.

Ce type de situation n’est pas rare. Et pourtant, il existe des protocoles simples et efficaces pour accompagner un retour au travail sans risquer la rechute.

 

2.                  Retour d’atelier : quand le silence devient un obstacle

Lors d’un atelier de sensibilisation auprès d’un collectif de managers, une phrase revient souvent :
« J’ai peur de dire quelque chose de mal perçu, alors je préfère ne rien dire du tout. »

Ce silence, bien que motivé par la prudence, peut être interprété comme de l’indifférence. Il alimente la distance, accentue le malaise et ferme les portes du dialogue. Or, une parole maladroite mais sincère vaut souvent mieux qu’un silence gêné.

Le rôle du manager n’est pas de diagnostiquer ou de résoudre, mais d’ouvrir un espace d’écoute, d’orienter, de soutenir. Encore faut-il avoir été formé à cela…

 

3.                  Focus sur le dispositif PSSM : une réponse accessible et structurante

Les Premiers Secours en Santé Mentale (PSSM) sont l’un des outils les plus prometteurs pour démocratiser la prévention en entreprise. Inspiré des gestes de premiers secours physiques, ce programme forme des collaborateurs volontaires à :

  • Identifier les signes de détresse psychologique,
  • Adopter une posture d’écoute active, sans jugement,
  • Savoir orienter vers les ressources internes ou externes adaptées.

Plus de 75 000 personnes ont déjà été formées en France depuis le lancement du programme (PSSM France, 2024), notamment dans les collectivités, les associations et les entreprises.

 

J’ai moi-même obtenu la certification PSSM en 2023. Cette formation m’a profondément marquée par sa clarté, son pragmatisme, et sa capacité à dédramatiser le sujet. Elle constitue pour moi un socle essentiel de toute politique de prévention crédible et humaine.

 

Par où commencer ? 7 pistes concrètes et innovantes

Agir pour la santé mentale en entreprise ne nécessite pas de tout révolutionner du jour au lendemain. Il s’agit avant tout de poser des actes simples, cohérents, progressifs et adaptés à la culture de l’organisation. Voici 7 leviers concrets et innovants pour passer à l’action, sans attendre une crise.

 

1.                  Former les managers : première ligne de prévention

Le manager est souvent le premier témoin des signaux faibles, mais il manque encore trop souvent de repères pour savoir comment réagir.

Former les managers, c’est leur donner :

  • Des outils pour repérer les changements de comportement,
  • Des techniques d’écoute active et de communication bienveillante,
  • Des réflexes de gestion de situations sensibles sans posture thérapeutique.

Le programme PSSM est une excellente porte d’entrée. Il offre un cadre clair et opérationnel, accessible à tous les niveaux hiérarchiques.

 

2.                  Sensibiliser l’ensemble des salariés

Pour briser les tabous, il faut normaliser le sujet dans le quotidien professionnel. Cela peut prendre différentes formes :

  • Ateliers interactifs sur les émotions, le stress, la charge mentale,
  • Capsules vidéos internes, campagnes de communication visuelle,
  • Espaces d’échanges type « cafés bien-être » animés de façon informelle.

La sensibilisation collective permet d’installer une culture d’écoute mutuelle et d’auto-régulation dans les équipes.

 

3.                  Créer des espaces de parole sécurisés

Exprimer un mal-être au travail reste difficile. Il est donc essentiel de créer des lieux et des temps dédiés, sans jugement ni enjeu hiérarchique.

Exemples d’initiatives :

  • Cercles de parole animés par des intervenants extérieurs,
  • Rendez-vous anonymes avec un psychologue du travail ou un partenaire externe (Moka.care, Moodwork…),
  • Intégration d’un « point santé mentale » régulier dans les rituels managériaux.

Ce qui compte, ce n’est pas la forme unique, mais la régularité et la qualité du cadre posé.

 

4.                  Accompagner les retours après arrêt

Le retour au travail après un burn-out ou un arrêt prolongé est un moment-clé à haut risque de rechute. Il ne peut être improvisé.

Bonnes pratiques :

  • Entretien de reprise individualisé avec la RH ou un référent QVCT,
  • Réaménagement du poste et du rythme de travail (horaires, charge, objectifs),
  • Mise en place d’un système de parrainage pair à pair, avec un collègue formé.

Ce protocole doit être anticipé dès l’arrêt, et non improvisé le jour du retour.

 

5.                  Intégrer des solutions technologiques innovantes

De nombreuses solutions digitales permettent d’élargir l’accès au soutien psychologique, notamment dans les petites structures ou les environnements hybrides :

  • MonSherpa (chatbot thérapeutique) : disponible 24/7, il propose des exercices personnalisés, écoute et orientation,
  • Healthy Mind (réalité virtuelle) : immersion relaxante ou simulation d’expositions progressives pour mieux gérer le stress,
  • NeuroMind (neurofeedback) : dispositifs connectés pour renforcer la régulation émotionnelle à domicile,
  • VITA (coach IA adaptatif) : accompagnement individualisé basé sur le profil émotionnel et l’évolution des ressentis.

Ces technologies ne remplacent pas l’humain, mais offrent un complément accessible et confidentiel.

 

6.                  Piloter avec des données éthiques et utiles

Certaines plateformes permettent de cartographier anonymement l’état de bien-être des équipes à travers des sondages réguliers, des feedbacks, ou l’analyse de l’usage des outils collaboratifs.

Outils recommandés :

  • Supermood : analyse continue du climat social,
  • Zest : suivi du bien-être, de la motivation et du sens au travail.

Ces données ne doivent pas être utilisées comme des outils de contrôle, mais comme des leviers d’amélioration continue, en toute transparence avec les collaborateurs.

 

7.                  Co-construire une charte santé mentale / QVCT

Il est utile de formaliser l’engagement de l’organisation à travers une charte claire, visible et accessible à tous. Celle-ci doit inclure :

  • Les principes de prévention et d’accompagnement en cas de mal-être,
  • Les droits des collaborateurs et les relais internes disponibles,
  • Un cadre d’actions concrètes : formation, sensibilisation, évaluation, adaptation continue.

 

En 2025, cette démarche a été renforcée par le lancement national de la Charte d’engagement pour la santé mentale et l’emploi, co-portée par le gouvernement et l’Alliance pour la santé mentale. Elle propose un cadre de référence structuré autour de quatre axes prioritaires (sensibiliser, dialoguer, améliorer, accompagner), que les entreprises signataires s’engagent à mettre en œuvre dans un délai de trois ans. Ce socle national peut inspirer les organisations dans l’élaboration de leur propre charte interne.

 

Pour être vivante, cette charte ne doit pas être un document figé mais un outil d’animation du dialogue social, co-construit avec les collaborateurs, régulièrement mis à jour, et soutenu par la direction. Elle gagne à être accompagnée d’un budget dédié, d’indicateurs de suivi et d’un pilote identifié (RH, référent QVCT, binôme pair…).

 

Conclusion : agir maintenant, ensemble

Commencer par la santé mentale, c’est faire un choix clair : celui de ne plus ignorer, de ne plus minimiser, et surtout, de ne plus subir. C’est reconnaître que le bien-être psychique n’est pas un luxe ou un sujet annexe, mais un pilier de performance, de fidélisation et de cohésion durable.

 

La responsabilité est collective et distribuée :

  • L’individu a besoin d’un cadre où il peut s’exprimer sans crainte,
  • Le manager doit être formé et soutenu dans son rôle d’écoute de proximité,
  • Les RH ont un levier stratégique pour structurer les politiques de prévention,
  • L’organisation tout entière peut devenir un écosystème de soutien et de résilience.

 

En s’appuyant sur :

  • Les outils existants (PSSM, plateformes, protocoles),
  • Les ressources humaines et technologiques disponibles,
  • Et surtout, une culture du dialogue et de la confiance,

… il est possible de bâtir un environnement de travail plus sain, plus humain, plus durable.

Alors, plutôt que de se demander « par où commencer ? », posons une autre question, plus engageante et plus décisive :

Avec qui allez-vous avancer dès demain ?

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